Alpine retrouve le sourire en ce début de saison 2026

Début de saison encourageant pour Alpine : l’équipe marque déjà 10 points et affiche un tout autre visage qu’en 2025.

Le soulagement est palpable du côté d’Enstone. Le choix radical de sacrifier la fin d’année dernière pour se concentrer sur la monoplace 2026 et l’intégration du nouveau bloc propulseur Mercedes commence à porter ses fruits. Avec 10 points inscrits en seulement deux courses et un Sprint, l’écurie a déjà atteint la barre des deux chiffres. L’an passé, il avait fallu ronger son frein jusqu’à la neuvième manche de la saison pour y parvenir.

En décortiquant le déroulement de ce Grand Prix de Chine, le contraste avec l’année dernière est saisissant. C’est la première fois depuis le GP d’Espagne 2024 que les deux Alpine terminent dans les points lors d’une course sur le sec.

Pierre Gasly a livré une superbe prestation pour franchir la ligne d’arrivée en sixième position. C’est tout simplement son meilleur résultat depuis le Grand Prix de Grande-Bretagne en juin 2025. Le rythme était au rendez-vous, notamment lors du premier relais où le Français parvenait à s’accrocher derrière les Ferrari.

Il suffit de lire entre les lignes de ses déclarations post-course pour mesurer le chemin parcouru : Alpine ne se contente plus de participer, elle a de nouveau faim. La bataille acharnée en milieu d’épreuve, où Gasly a dû ferrailler avec la Haas d’Oliver Bearman et la Red Bull de Max Verstappen, lui a laissé un goût d’inachevé.

“Il y a une part de moi qui est vraiment ravie de cette sixième place”, a analysé Gasly. “Une autre part au fond de moi est assez contrariée car je savais que la cinquième place nous appartenait. Avant la voiture de sécurité, j’étais confortablement en P5 et nous avions le rythme – nous étions plus rapides qu'[Ollie] Bearman.”

L’intensité de sa fin de course prouve que la voiture a du répondant. “Je donnais absolument tout et j’avais vraiment le couteau entre les dents pour aller chercher ces gars, et au final, je ne suis pas passé loin. C’est tout de même un résultat fantastique pour l’équipe et je suis heureux de voir que nous avons le rythme pour nous battre pour ces positions. Quand on regarde où nous étions en 2025 et où nous en sommes maintenant, c’est une tout autre dimension.”

De l’autre côté du garage, Franco Colapinto a ouvert son compteur personnel. En arrachant la dixième place, l’Argentin renoue avec les points pour la première fois depuis le GP des États-Unis 2024.

Tout s’est joué grâce à une stratégie agressive. En faisant le choix de rester en piste lors de l’intervention de la voiture de sécurité – contrairement à la majorité du plateau – Colapinto s’est retrouvé propulsé aux avant-postes. C’est là qu’il a croisé le fer avec Esteban Ocon. L’ancien pilote maison a tenté une attaque par l’intérieur dans l’enchaînement des virages 1 et 2, percutant le pneu arrière droit de l’Alpine et envoyant les deux voitures en tête-à-queue.

Loin d’alimenter une polémique stérile, Colapinto a gardé la tête froide et livré une vision très pragmatique de cet incident de course : “Il m’a juste touché, mais pour être honnête, c’était une course amusante avec lui. Nous nous sommes beaucoup battus. J’ai perdu deux points dans ce contact et ce n’est pas ce que je voulais. Ce fut un après-midi compliqué, mais dans l’ensemble, c’était positif. Nous avons mal commencé et nous avons fini par être très rapides.”

Alpine occupe désormais la septième place du championnat des constructeurs, talonnant Red Bull et Racing Bulls qui ne pointent qu’à deux petites unités. La passe d’armes entre Gasly et Bearman pose les jalons d’une lutte qui risque de durer toute l’année face à Haas. Un duel que le pilote français attend de pied ferme : “J’aurais aimé me battre un peu plus avec [Bearman], mais je suis sûr que nous allons nous croiser en piste assez souvent”.

Author: Elisabeth Maingé, Consultante
Ingénieure de formation et passionnée de Formule 1 depuis son enfance, Élisabeth Maingé travaille au sein d’un grand constructeur automobile, où elle évolue dans le domaine de la recherche et du développement. À ses heures perdues, elle met son expertise technique au service de F1ACTU, en décryptant les performances des monoplaces, les innovations et l'impact des évolutions réglementaires sur les forces en présence dans le paddock. Son regard critique et sa pédagogie nous permettent de mieux construire notre réflexion et nos analyses lors des week-end de course.

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