Dernière en 2025, Alpine revendique ses choix. Nielsen explique pourquoi sacrifier l’A525 était nécessaire pour construire une A526 plus saine

L’écurie Alpine ne cherche plus à vendre du rêve. L’équipe d’Enstone aborde ce nouveau cycle technique avec une approche qui tranche radicalement avec les discours enflammés du passé, après une année 2025 qui a ressemblé à un long chemin de croix. On ne parle plus de “plan sur cent courses” ou de podiums immédiats. On parle de redevenir une structure légitime, capable de mener le peloton de chasse et de transformer chaque dimanche en une opportunité de points.
Steve Nielsen, qui tient désormais les rênes sportives du projet, a posé les mots sur cette ambition : faire de la performance une norme, et non plus un accident de parcours.
Alpine a touché le fond en terminant dernière du championnat 2025 avec seulement 22 points. Le divorce avec le moteur Renault s’est achevé dans une ambiance de fin de règne, avec une monoplace, l’A525, qui semblait déjà appartenir au passé avant même la mi-saison. Mais ce naufrage c’était le prix, volontairement accepté, d’un pari risqué : arrêter tout développement dès le printemps pour jeter toutes les forces de l’usine dans l’A526.
Pendant que la concurrence s’échinait à gagner des millièmes sur des châssis condamnés, Enstone travaillait dans l’ombre, acceptant l’humiliation dominicale pour préparer sa vengeance technique.
Ce sacrifice, Steve Nielsen le porte aujourd’hui comme un badge de résilience. Pour lui, il n’y avait aucun intérêt à maquiller la misère. « Il n’y avait aucune satisfaction à être là où nous étions. C’était douloureux », admet-il sans détour. Voir les trains de nouveautés arriver chez les rivaux alors qu’Alpine restait à quai a été un test de patience pour tout le personnel. Mais cette douleur était nécessaire pour espérer un avenir meilleur. En libérant du temps de soufflerie et des ressources cérébrales bien avant les autres, l’A526 a pu être sculptée avec une attention méticuleuse, loin de l’urgence des résultats immédiats.
Désormais propulsée par le bloc Mercedes, l’écurie française change de dimension. À Barcelone, lors du shakedown, l’A526 n’a pas seulement montré des lignes fluides ; elle a surtout affiché une sérénité qui faisait cruellement défaut par le passé. L’objectif de Nielsen est désormais d’être le meilleur des autres pour marquer des points à chaque Grand Prix. Cela suppose qu’Alpine identifie déjà un Top 4 potentiellement intouchable — Mercedes, Ferrari, McLaren et Red Bull — tout en se positionnant comme la force de frappe numéro un juste derrière eux.
Mais, malgré ce vent d’optimisme qui souffle sur Enstone, le suspense reste entier. Le discours de Nielsen est empreint d’une lucidité qui devrait plaire aux observateurs les plus sceptiques. Il sait que les promesses hivernales sont la monnaie courante du paddock et qu’elles ne valent que jusqu’au premier freinage à Melbourne. « Tous les équipes qui construisent une nouvelle voiture diront qu’elle est bonne. Ce qui décide vraiment, c’est ce qui se passe sur le circuit », rappelle-t-il avec sagesse.
Le duo de pilotes, composé de Pierre Gasly et de Franco Colapinto, incarne cette reconstruction. Gasly apporte la stabilité et la compréhension technique fine dont une équipe en mutation a besoin, tandis que Colapinto injecte cette fougue et cette dynamique nouvelle qui ont tant manqué à l’écurie ces dernières années.
Ensemble, ils doivent prouver que le sacrifice de 2025 n’était pas un aveu d’impuissance, mais une stratégie de reconquête. On quitte Barcelone avec l’impression d’une Alpine redevenue sérieuse, mais personne ne peut encore dire si l’A526 sera l’arme qu’il permettra de se démarquer dans le milieu de peloton.
Rounding off a productive week on track 📊
— BWT Alpine Formula One Team (@AlpineF1Team) January 31, 2026
Managing Director, Steve Nielsen gives us his recap of how our first few days with the A526 went 🗣️ pic.twitter.com/t6BtUrnz4z





















