Quand l’ennemi d’hier devient le défenseur d’aujourd’hui : Alonso prend la parole pour protéger Hamilton des critiques après un début difficile

En Formule 1, certaines rivalités sont si intenses qu’elles semblent éternelles. Celle qui oppose Fernando Alonso et Lewis Hamilton en fait partie. Née dans le feu et la controverse de la saison 2007 chez McLaren, leur relation a toujours été un mélange de respect et d’antagonisme. Près de deux décennies plus tard, alors que Lewis Hamilton vit l’un des débuts de saison les plus compliqués de sa carrière chez Ferrari, c’est son plus vieil ennemi qui s’est mué en son plus surprenant défenseur.
Le transfert de Lewis Hamilton chez Ferrari, annoncé en grande pompe, devait être le couronnement d’une carrière légendaire. Mais la première moitié de la saison 2025 ressemble plus à un chemin de croix qu’à une lune de miel. À 40 ans, le septuple champion du monde n’a pas encore signé le moindre podium sous ses nouvelles couleurs.
Les courses qui ont précédé la trêve estivale ont viré au cauchemar. Le point d’orgue de cette spirale négative fut le Grand Prix de Hongrie : éliminé en Q2, Hamilton a terminé la course hors des points, subissant l’humiliation de se faire prendre un tour par les leaders, alors que son coéquipier Charles Leclerc s’était élancé de la pole position.
Logiquement, les critiques fusent et le doutes s’installe. Hamilton a-t-il perdu sa magie ? Le pari Ferrari était-il celui de trop ? C’est dans ce contexte pesant que Fernando Alonso, interrogé en marge du Grand Prix des Pays-Bas, a pris tout le monde à contre-pied.
Oubliées, les piques et les critiques passées. L’Espagnol a mis de côté la rivalité pour parler de champion à champion. “De l’extérieur, on ne sait jamais vraiment ce qu’il se passe, mais Lewis n’a rien à prouver,” a martelé le pilote Aston Martin. “C’est un pilote incroyable et, tôt ou tard, il trouvera le rythme pour être au sommet. Lui et Ferrari formeront toujours un duo que l’on se doit de respecter profondément.”
Qui mieux que Fernando Alonso, lui-même passé par la machine à broyer de Maranello durant cinq saisons (2010-2014), peut comprendre la pression unique et la complexité de piloter pour la Scuderia ? Il sait ce que représente le défi d’adapter son style à une nouvelle philosophie et de s’intégrer dans une culture si particulière.
Si redresser la barre en 2025 s’annonce un défi de taille, l’enjeu se situe déjà ailleurs. La véritable cible est 2026 et sa révolution réglementaire. Cette refonte, qui rebattra toutes les cartes, représente une occasion en or pour le Britannique de mettre son immense expérience au service de la Scuderia. C’est l’opportunité de repartir d’une feuille blanche pour développer une monoplace entièrement nouvelle, et ainsi prouver que le champion peut véritablement renaître de ses cendres.