Adrian Newey contesté : son approche radicale fragilise Aston Martin, déjà en difficulté avec une AMR26 instable et peu performante

Le génie a ses limites, et Adrian Newey est peut-être en train d’atteindre les siennes. L’arrivée du concepteur star chez Aston Martin devait marquer le début d’un âge d’or absolu pour l’écurie de Silverstone. La saison 2026 vire finalement au cauchemar industriel et humain. Damon Hill alume la mèche en pointant du doigt l’attitude radicale du Britannique, qui menacerait directement l’équilibre de l’équipe.
Un “Moïse” sans Terre promise
Dans le podcast The Undercut, l’ancien champion du monde Damon Hill a livré une analyse impitoyable de la méthode Newey. Face à une AMR26 désastreuse, le concepteur pousse ses équipes à l’extrême, quitte à les perdre en route par excès d’esprit de compétition.
« Je pense qu’Adrian est quelqu’un qui a une vision de la perfection, son idée de la perfection, et qui voudra embarquer tout le monde avec lui. »
Mais cette obstination crée une véritable fracture dans les bureaux d’études. Hill file une métaphore religieuse pour décrire l’ambiance interne : « Un peu comme Moïse, tout le monde se dit : “Où est cette terre promise ? […] Nous ne sommes pas sûrs d’y arriver et nous ne voyons peut-être pas la même terre que vous.” »
Pour Hill, le point de rupture approche dangereusement : l’équipe pourrait finir par s’épuiser face à cet extrémisme technique et se dire : « Peut-être qu’il a perdu la tête. »
Pendant que Newey exige l’impossible en usine, Fernando Alonso subit l’enfer sur la piste. L’Espagnol s’est traîné jusqu’à une humiliante 18e place à Suzuka. Le calvaire est tel qu’Alonso a de nouveau été contraint de lâcher son volant en pleine ligne droite au Japon pour encaisser les terribles vibrations du châssis.
Ce naufrage a déclenché une guerre de tranchées en interne. Conscient d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre, Newey a abandonné son rôle de directeur d’équipe pour se consacrer uniquement à la correction de la monoplace. Mais il pointe fermement du doigt le manque de fiabilité du nouveau moteur Honda.
La réplique des hauts dirigeants japonais a été cinglante : ils accusent publiquement Aston Martin d’être à l’origine du désastre, affirmant que les vibrations destructrices proviennent de l’intégration ratée de leur moteur dans le châssis extrême de Newey.
Pour éviter la catastrophe totale et recoller les morceaux avec Honda, Aston Martin attend désespérément Jonathan Wheatley. Le nouveau patron de l’équipe a le profil idéal : une énorme expérience opérationnelle et une relation de confiance bâtie avec Newey lors de leurs années de domination chez Red Bull.
Le problème ? L’ancien cadre d’Audi purge actuellement sa période de préavis obligatoire loin des circuits. En attendant ce pacificateur, Adrian Newey reste seul face à ses troupes usées et à ses propres démons techniques.





















