AprÚs Pérez, Lawson et Tsunoda, Isack Hadjar hérite du poste le plus exposé de la F1. Mais la révolution 2026 change enfin les rÚgles du jeu.
Le baquet de coĂ©quipier de Max Verstappen est devenu, en l’espace de quelques saisons, l’un des postes les plus prĂ©caires de la discipline. AprĂšs l’Ă©chec de Sergio PĂ©rez, l’intermĂšde Liam Lawson et les espoirs déçus de Yuki Tsunoda, c’est au tour du jeune Français Isack Hadjar de relever le dĂ©fi pour la saison 2026. Mais cette fois, le contexte change radicalement. On entre dans une nouvelle Ăšre technique et managĂ©riale.
L’un des plus grands obstacles pour les coĂ©quipiers de Verstappen ces derniĂšres annĂ©es Ă©tait l’ADN mĂȘme des monoplaces de Milton Keynes. Les voitures conçues sous l’Ăšre de l’effet de sol (2022-2025) Ă©taient extrĂȘmement pointues, avec un train avant trĂšs vif que seul le NĂ©erlandais parvenait Ă exploiter totalement. Isack Hadjar mise Ă©normĂ©ment sur la rupture rĂ©glementaire de 2026 pour gommer ce dĂ©ficit d’expĂ©rience.
Le Français aborde cette transition avec un pragmatisme rafraĂźchissant : « Ce n’est pas du tout la mĂȘme voiture l’annĂ©e prochaine. L’Ă©quipe va construire cette voiture, je vais devoir m’y adapter et Max devra faire le mĂȘme travail », confie-t-il, selon PlanetF1. Pour lui, le fait que tout le monde reparte d’une feuille blanche est l’opportunitĂ© de ne plus subir les prĂ©fĂ©rences de rĂ©glages accumulĂ©es par Verstappen au fil des ans. Hadjar compte bien peser sur le dĂ©veloppement initial : « Si la voiture prend une certaine direction, au moins je serai lĂ pour ressentir le changement. IdĂ©alement, j’y contribuerai. »
Pourtant, la technique n’est qu’une partie de l’Ă©quation. Sergio PĂ©rez, qui a tenu quatre saisons dans ce rĂŽle ingrat, a rĂ©cemment levĂ© le voile sur la complexitĂ© psychologique de l’Ă©curie. Ses propos rĂ©sonnent comme une mise en garde pour Hadjar. Selon le Mexicain, la structure mĂȘme de Red Bull ne laisse que peu de place Ă l’Ă©panouissement du second pilote.
PĂ©rez se souvient amĂšrement de ses dĂ©buts : « Lors de ma premiĂšre discussion avec Christian [Horner], il m’a dit : “On va courir avec deux voitures parce qu’on doit avoir deux voitures, mais ce projet a Ă©tĂ© créé pour Max, c’est notre talent” ». Cette exclusivitĂ© crĂ©e un environnement oĂč la performance du coĂ©quipier est scrutĂ©e sous un prisme dĂ©formant. « Chez Red Bull, tout Ă©tait un problĂšme », ajoute PĂ©rez, sur Motorsport. « Si j’Ă©tais plus rapide, ça crĂ©ait un environnement trĂšs tendu. Si j’Ă©tais plus lent que Max, c’Ă©tait aussi un problĂšme. » Hadjar devra donc non seulement ĂȘtre rapide, mais aussi apprendre Ă naviguer dans une politique interne oĂč, comme le disait PĂ©rez, il s’agit du « pire job en Formule 1 ».
Le facteur Verstappen
Le Max Verstappen que Hadjar va cĂŽtoyer n’est plus le champion intouchable de 2023. La saison 2025 a montrĂ© des failles, Lando Norris ayant rĂ©ussi Ă lui ravir la couronne mondiale aprĂšs une lutte acharnĂ©e. Un Verstappen qui perd est un Verstappen encore plus dangereux, car son appĂ©tit reste intact malgrĂ© ses quatre titres mondiaux.
Hadjar ne s’y trompe pas et observe son futur voisin de garage avec une admiration lucide : « Ce que je trouve trĂšs impressionnant avec Max, câest quâaprĂšs quatre titres mondiaux, il a toujours faim et il est toujours trĂšs en colĂšre quand ça ne va pas dans son sens. Il semble affamĂ©, tout comme moi. » Cette faim commune sera le moteur de leur collaboration, mais aussi la source potentielle de friction. Si Hadjar parvient Ă canaliser cette Ă©nergie sans se laisser intimider par l’aura du NĂ©erlandais, il pourrait briser la malĂ©diction du second pilote.
Isack Hadjar arrive dans un contexte qui nâa plus grand-chose Ă voir avec celui de ses aĂźnĂ©s. La voiture change, lâorganigramme aussi, et le plateau 2026 sâannonce plus dense, plus instable, donc moins lisible. Son dĂ©fi ne sera pas tant de briller par Ă©clats que de donner du sens Ă chaque week-end, en installant une progression crĂ©dible dans la durĂ©e.
When Isack Hadjar met all these F1 drivers in 2019 đ„č
— ESPN F1 (@ESPNF1) December 23, 2025
Now he's racing alongside them (via isackhadjar/ig) pic.twitter.com/TmXqZJx4V2



