Verstappen dit ce qu’il aurait fait à la place de Piastri

Selon Verstappen, Piastri ne doit pas jouer les lieutenants. Le Néerlandais estime qu’un pilote en lice doit toujours défendre ses propres chances

Max Verstappen n’est pas du genre à faire dans la dentelle, et encore moins quand il s’agit de psychologie de course. Alors que le paddock de Losail bouillonne autour des consignes d’équipe potentielles chez McLaren, le quadruple champion du monde a mis les pied dans le plat avec la subtilité d’un coup de massue.

Interrogé sur la position délicate d’Oscar Piastri, à qui l’on pourrait demander de sacrifier ses chances pour sécuriser le titre de Lando Norris, le Néerlandais a été catégorique : s’il était dans le baquet de l’Australien, la réponse serait non, et pas poliment : “Je ne serais même pas venu au circuit”

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La situation au championnat est devenue un casse-tête mathématique fascinant depuis la double disqualification des McLaren à Las Vegas. Lando Norris possède 24 points d’avance sur un duo à égalité : Max Verstappen et… Oscar Piastri (366 points chacun).

Pour McLaren, la logique voudrait que Piastri protège Norris. Pour Verstappen, cette idée est une aberration pour un pilote de course. « Si on m’avait dit ça, je ne serais même pas venu ! Je leur aurais dit d’aller se faire f* », a lâché le pilote Red Bull sans filtre.

Son raisonnement touche à l’ADN même du champion : l’ego. Pour lui, accepter des consignes alors qu’on est mathématiquement en lice (et à égalité de points avec le champion en titre), c’est accepter une défaite morale définitive. « Si vous êtes un vrai gagnant et un vrai pilote, vous foncez. Même si vous êtes derrière, quel est l’intérêt de venir sinon ? » a-t-il argumenté. « Sinon, vous pouvez facilement vous coller vous-même l’étiquette de pilote numéro deux, ce qu’il ne veut pas être, je pense. »

Le piège psychologique de Max

Cette sortie de Verstappen n’est pas qu’une défense chevaleresque de l’esprit de compétition. C’est aussi une magnifique opération de déstabilisation. Verstappen sait pertinemment que le scénario 2007 (où Raikkonen avait coiffé au poteau les deux McLaren de Hamilton et Alonso qui se battaient entre eux) est sa seule chance de titre. En validant publiquement l’ambition de Piastri, il sème la zizanie chez ses rivaux.

C’est pourquoi il qualifie la décision de McLaren de laisser ses pilotes libres de « parfaite ». « Je pense qu’on ne peut pas faire mieux que de les laisser courir », dit-il avec un sourire en coin. Évidemment : chaque point que Piastri prendra à Norris est un point offert à Verstappen.

Du côté de Woking, le message semble être passé, mais pas forcément grâce aux conseils de Max. Oscar Piastri a confirmé jeudi qu’il y avait eu des “discussions internes” sur le sujet, mais que la réponse avait été claire : il a toujours le droit de jouer sa carte personnelle.

McLaren se retrouve donc dos au mur. L’équipe veut éviter l’injustice sportive, mais elle risque de tout perdre par excès de fair-play. La disqualification de Vegas a relancé un Verstappen qui n’a désormais plus rien à perdre et qui aborde le week-end qatari en mode “tout ou rien”.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
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