Une plainte au pénal menace toujours la direction de la FIA

La procédure pénale lancée par Susie Wolff maintient la tension sur la FIA, exposant ses dirigeants à des responsabilités personnelles

L’affaire semblait rangée dans le grand tiroir des polémiques éphémères dont la Formule 1 a le secret. Une enquête lancée, puis abandonnée 48 heures plus tard. Un feu de paille médiatique, pensait-on. Pourtant, près de deux ans après les faits, le dossier est loin d’être clos. Il est même bien vivant, et il a pris la forme d’une plainte au pénal qui pèse comme une épée de Damoclès sur la direction de la Fédération Internationale de l’Automobile.

Susie Wolff, la directrice de la F1 Academy, vient de le confirmer une nouvelle fois : son action en justice est un “processus en cours”. Le combat n’est pas terminé.

C’était en décembre 2023. Sur la base d’un article de presse, la FIA avait ouvert une enquête pour un potentiel conflit d’intérêts visant Susie Wolff et son mari, Toto Wolff, le directeur de l’écurie Mercedes. Une guerre éclair qui s’était transformée en farce lorsque, dans un mouvement d’une rare unanimité, les neuf autres écuries de la grille avaient publié des communiqués identiques pour affirmer n’avoir jamais porté la moindre accusation. Prise à son propre piège, la FIA avait dû refermer son enquête aussi vite qu’elle l’avait ouverte.

Mais pour Susie Wolff, le mal était fait. Son nom et son intégrité avaient été jetés en pâture. Elle a donc décidé de ne pas laisser passer. En mars 2024, elle a contre-attaqué, non pas sur le terrain médiatique, mais sur le terrain judiciaire, en déposant “personnellement une plainte au pénal auprès des tribunaux français”. Il ne s’agit pas d’une procédure civile pour obtenir des dédommagements, mais bien d’une action au pénal, qui vise à faire reconnaître une faute et à établir des responsabilités individuelles.

Son combat, elle l’a résumé récemment dans une interview au Sunday Times avec des mots d’une clarté absolue : « J’ai refusé d’être traitée de cette façon. Cela a créé une quantité énorme d’articles qui mettaient en doute mon intégrité. Les gens peuvent avoir leur opinion sur la qualité de mon travail. Mais je ne permettrai pas que l’on s’attaque à mon intégrité. »

Tout en reconnaissant le soutien qu’il avait apporté à la F1 Academy, elle n’a pas hésité à qualifier l’affaire de “vraiment dommage pour le sport”. “Cet incident n’a peut-être pas été la meilleure chose pour l’image du sport et a montré que nous avons encore du travail à faire.”

Tant que la justice française n’aura pas rendu son verdict, cette plainte restera une menace bien réelle, non pas seulement pour l’image de la FIA en tant qu’institution, mais potentiellement pour les individus qui la dirigeaient au moment des faits. Une affaire loin d’être terminée.

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