La FIA et l’ACO collaborent depuis 2012, mais les discussions sur leur futur partenariat ont pris une tournure plus délicate ces derniers mois selon plusieurs sources

Les 24 Heures du Mans sont assurées de rester au calendrier du WEC en 2027. Pour la suite, en revanche, le flou s’installe. La FIA et l’Automobile Club de l’Ouest (ACO) négocient leur futur accord dans une ambiance nettement moins sereine que ne le laissent entendre leurs communiqués officiels. Qui doit avoir le dernier mot sur l’avenir de l’Endurance mondiale ?
Depuis le retour du WEC en 2012, la FIA et l’ACO avancent ensemble. L’ACO organise le championnat via sa filiale Le Mans Endurance Management (LMEM), tandis que la FIA en assure la tutelle réglementaire. Ce fonctionnement a permis aux 24 Heures du Mans de devenir la manche phare du championnat du monde.
Ferrari, Toyota, Porsche, BMW, Cadillac, Alpine, Peugeot et plusieurs autres constructeurs ont investi dans cette nouvelle ère de l’Hypercar. Ford et McLaren doivent encore rejoindre la grille en 2027. Pour la première fois depuis longtemps, Le Mans profite aussi d’un calendrier F1 qui ne vient pas lui marcher dessus.
Tout semblait donc réuni pour continuer sur cette lancée. Sauf qu’en coulisses, la relation entre la FIA et l’ACO se serait sérieusement dégradée.
C’est Auto Motor und Sport qui a révélé l’existence de ce conflit. Le média allemand affirme que les relations entre Mohammed Ben Sulayem et Pierre Fillon, respectivement présidents de la FIA et de l’ACO, se sont fortement tendues. Le contrat entre les deux organisations devait être renouvelé en juin. Lors des 24 Heures du Mans, Ben Sulayem expliquait encore s’attendre à une finalisation rapide de l’accord. Quelques mois plus tard, les négociations sont toujours en cours.
Le président de la FIA chercherait notamment à revoir les conditions financières de l’accord conclu à l’époque de Jean Todt. Selon Auto Motor und Sport, l’ACO bénéficie de conditions particulièrement favorables par rapport à d’autres championnats mondiaux, avec des redevances moins importantes versées à la fédération.
L’ACO conserve également un rôle très important dans la définition des règlements techniques de l’Hypercar, un domaine sur lequel la FIA souhaiterait reprendre davantage de contrôle.
Le média allemand rapporte aussi que plusieurs constructeurs auraient fait part de leurs mécontentements concernant l’ACO à la FIA. Impossible, en revanche, de savoir quelle influence ces remontées ont réellement eue dans les négociations.
La FIA confirme que Le Mans 2027 aura bien lieu
La FIA a voulu remettre les choses au clair. Son accord actuel avec l’ACO est toujours valable jusqu’à la fin de 2027. « La FIA et l’ACO poursuivent leurs discussions concernant une prolongation de l’accord de promotion. L’accord actuel avec l’ACO reste en place jusqu’à la fin de 2027 », a indiqué la fédération.
L’ACO tient exactement le même discours. Elle affirme que les discussions sur l’avenir du WEC au-delà de 2027 progressent normalement et dans un « esprit constructif ».
Il n’y a pas de menace sur les 24 Heures du Mans 2027. C’est après cette échéance que les choses pourraient devenir beaucoup plus compliquées. Si la FIA et l’ACO ne parviennent pas à prolonger leur accord, la fédération pourrait lancer un appel d’offres et chercher un autre promoteur pour le WEC. Or, les 24 Heures du Mans appartiennent à l’ACO.
L’ACO pourrait évidemment continuer à organiser les 24 Heures du Mans. Mais elle pourrait aussi chercher à construire autour de son épreuve un championnat concurrent du WEC, notamment avec le soutien de l’IMSA américain, avec lequel elle travaille déjà sur les règlements LMDh.
Une séparation poserait alors quelques problèmes aux constructeurs. Cadillac, BMW et Genesis utilisent déjà la plateforme LMDh, tout comme Ford et McLaren pour leur arrivée en 2027. La catégorie Hypercar actuelle repose justement sur cette coopération entre les différentes instances de l’Endurance.
Personne ne sait aujourd’hui quelle direction prendraient les constructeurs si la FIA et l’ACO venaient réellement à se séparer.




