Stroll aurait trouvé la faille parfaite pour contourner les limites du budget

Comment Aston Martin a attiré Adrian Newey, Andy Cowell et d’autres grands noms malgré les contraintes imposées par le plafond budgétaire

Le propriétaire d’Aston Martin, Lawrence Stroll, a une ambition : faire de son équipe une candidate régulière aux titres mondiaux. Pour y parvenir, le milliardaire canadien a attiré certains des cerveaux les plus réputés de la Formule 1. Mais comment réunir autant de stars de l’ingénierie à l’heure du plafond budgétaire ? Une enquête de Planet F1 apporte un élément de réponse : plusieurs d’entre eux possèdent des parts de l’équipe.

Lawrence Stroll a dépensé sans compter pour transformer Aston Martin depuis son arrivée à la tête du projet. Nouvelle usine, soufflerie, recrutements prestigieux et investissements massifs : le propriétaire canadien a voulu donner à l’équipe de Silverstone les moyens de rivaliser avec les géants historiques de la Formule 1.

Le recrutement d’Adrian Newey a évidemment été le symbole le plus spectaculaire de cette stratégie. Mais le légendaire ingénieur britannique, qui a contribué aux titres de Williams, McLaren et Red Bull, est loin d’être le seul grand nom attiré par Aston Martin.

Enrico Cardile, ancien directeur technique chez Ferrari, a également rejoint l’équipe, tout comme Andy Cowell, l’homme qui avait dirigé le développement des unités de puissance Mercedes durant les années de domination de la marque allemande.

Une telle concentration de talents pose forcément une question : comment Aston Martin peut-elle attirer autant de profils parmi les plus recherchés du paddock sans voir sa masse salariale devenir un problème au regard du plafond budgétaire ?

Selon l’enquête publiée par Planet F1, Lawrence Stroll aurait trouvé une réponse particulièrement efficace.

L’équation du plafond budgétaire face au recrutement massif d’Aston Martin

Le règlement financier de la Formule 1 impose aux équipes une limite de dépenses, même si certaines catégories restent exclues du calcul.

Les salaires des pilotes ne sont notamment pas intégrés au plafond budgétaire. C’est également le cas des rémunérations des trois employés les mieux payés de chaque équipe. Mais Aston Martin a accumulé les recrutements prestigieux au fil des dernières années.

Adrian Newey, Enrico Cardile, Andy Cowell, Andrew Green ou encore Tom McCullough ont tous occupé ou occupent des fonctions importantes dans l’organigramme de l’équipe britannique.

Impossible, en revanche, de placer tout ce monde parmi les trois salariés bénéficiant de l’exclusion prévue par le règlement.

L’an dernier déjà, une rumeur circulait selon laquelle Aston Martin proposerait à certains de ses cadres les plus importants une rémunération associée à des participations dans l’entreprise.

L’enquête menée par Planet F1 semble désormais confirmer qu’il ne s’agissait pas simplement d’une hypothèse.

Aston Martin a offert des parts de l’équipe à plusieurs de ses ingénieurs

On savait déjà qu’Adrian Newey avait obtenu une participation dans Aston Martin au moment de son arrivée. Mais il ne serait pas le seul.

Plusieurs autres figures importantes de l’équipe possèdent également des parts dans la structure. Andy Cowell, Enrico Cardile, Andrew Green et Tom McCullough figureraient notamment parmi les bénéficiaires de cette politique.

Le principe est particulièrement intéressant pour Aston Martin : au lieu de concentrer l’intégralité de la rémunération d’un ingénieur sur son salaire, l’équipe peut également lui proposer un intérêt direct dans la valeur future de l’entreprise.

Autrement dit, plus Aston Martin progresse et prend de la valeur, plus ceux qui détiennent des parts peuvent potentiellement y gagner. Une manière particulièrement efficace d’attirer des profils de premier plan sans se limiter à une simple surenchère salariale.

Des dizaines de millions d’euros en actions pour les dirigeants d’Aston Martin

Les montants évoqués donnent une idée de l’ampleur de cette stratégie.

Andy Cowell disposerait d’une participation estimée à environ 62 millions de dollars.

Andrew Green posséderait pour sa part des actions évaluées à environ 21 millions de dollars, tandis que la participation d’Enrico Cardile atteindrait environ 7,6 millions de dollars.

Tom McCullough, récemment annoncé sur le départ vers Red Bull, disposerait lui d’une participation plus modeste, estimée à environ 640 000 dollars.

Ces chiffres ne correspondent évidemment pas à un salaire versé directement chaque année. Mais ils montrent à quel point Aston Martin a utilisé l’actionnariat comme un outil pour fidéliser et attirer ses cadres les plus importants.

C’est aussi ce qui donne du crédit à la théorie selon laquelle Lawrence Stroll aurait trouvé un moyen particulièrement malin de composer avec les contraintes imposées par le plafond budgétaire.

Une stratégie qui pourrait expliquer comment Stroll a attiré autant de grands noms

Offrir des parts d’une équipe permet également de transformer un salarié en véritable acteur du projet, en plus de contourner les restrictions du plafond budgétaire.

Pour un ingénieur comme Adrian Newey, qui aurait pu rejoindre Ferrari ou rester dans un environnement plus traditionnel, devenir indirectement intéressé à la réussite économique d’Aston Martin représentait une proposition bien différente d’un simple contrat de travail.

Même logique pour les autres cadres. Lawrence Stroll ne leur vend pas uniquement un salaire ou un poste prestigieux. Il leur propose de participer directement à la construction d’une équipe dont la valeur pourrait exploser en cas de succès sportif.

Si Aston Martin venait un jour à jouer régulièrement les titres mondiaux, les participations détenues par certains de ses ingénieurs pourraient prendre une valeur considérable.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
Fondateur de F1ACTU.COM, je suis la Formule 1 depuis plus de 35 ans. Cette expérience me permet d’apporter un regard à la fois passionné et analytique sur l’évolution du championnat, de ses enjeux techniques à ses coulisses. F1ACTU propose une couverture quotidienne de l’actualité F1 avec une attention particulière portée aux évolutions techniques, aux décisions réglementaires et aux mouvements du paddock. Chaque publication fait l’objet d’un travail éditorial rigoureux afin de garantir des contenus clairs, contextualisés et fiables. Média indépendant et spécialisé, F1ACTU s’attache à offrir une information réactive, accessible et fidèle à l’exigence qu’attendent les passionnés de Formule 1.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *