Piastri refuse de sacraliser Norris malgré son titre. Pour 2026, l’Australien exige une équité totale et rappelle qu’en vitesse pure, il reste au niveau du champion.

Le sacre de Lando Norris à Abu Dhabi ne fige pas la hiérarchie chez McLaren. C’est le message technique et politique envoyé par Oscar Piastri à peine le moteur coupé. Loin des effusions sentimentales, l’Australien a posé les bases de la saison 2026 avec une déclaration qui relève plus de l’analyse froide que de la simple bravade : « Ça reste Lando Norris, ce n’est pas comme s’il était devenu Superman. »
Cette sortie médiatique doit être lue à travers le prisme de la télémétrie et des contrats, et non de l’ego. Piastri ne conteste pas le titre, il conteste le statut de “Numéro 1” qui pourrait en découler naturellement.
Si Piastri refuse de placer Norris sur un piédestal, c’est parce qu’il a accès aux données. L’Australien sait que le titre de Norris s’est construit sur la régularité et l’exploitation des pneus en course, des domaines où l’expérience de sept saisons joue à plein.
En revanche, sur la vitesse pure (qualifications et tours clairs), Piastri a souvent égalé, voire dominé son coéquipier. Dire que Norris n’est pas Superman est factuel : Piastri a vu ses limites et sait qu’elles sont à sa portée.
La saison 2025 a servi de crash-test pour le management de McLaren. La politique d’équité totale (“Papaya Rules”) a été maintenue jusqu’à l’absurde, coûtant parfois des points, mais elle a validé un modèle de développement agressif.
Piastri l’admet : cette friction interne a été un accélérateur de performance. « Nous sommes devenus de meilleurs pilotes en nous poussant mutuellement à la limite », analyse-t-il. Techniquement, avoir deux pilotes capables de jouer la gagne sans hiérarchie préétablie a permis à McLaren de développer la MCL39 plus vite que Red Bull, qui ne reposait que sur les retours de Verstappen.
Pour 2026, Piastri exige le maintien de ce cadre opérationnel. Il s’attend à une « totale équité ». C’est un message direct à Andrea Stella : le titre de Norris ne doit pas transformer le garage en une structure pyramidale type Red Bull ou Ferrari (époque Schumacher), qui briderait le potentiel de la seconde voiture.
Les discussions prévues cet hiver ne porteront pas sur des états d’âme, mais sur les “Règles d’Engagement”. Piastri a indiqué qu’il y aurait des ajustements sur « ce que nous voudrions faire légèrement différemment ».
Avec la nouvelle réglementation 2026, la hiérarchie des écuries pourrait être bouleversée. Si McLaren produit à nouveau la voiture de référence, l’équipe ne pourra pas se permettre de perdre des points à cause de frictions en piste comme à Monza. La tâche de Zak Brown sera de définir un protocole qui protège les intérêts de l’équipe sans artificiellement ralentir un Piastri qui se considère, chronomètre en main, comme l’égal du champion du monde.
ICYMI…☝️
— McLaren (@McLarenF1) December 8, 2025
Our 13th Drivers' Champion and the 11th Brit to secure the title 🧡🇬🇧#McLaren pic.twitter.com/9AH02DI8e5