Pas de GP en avril, une mauvaise nouvelle pour Hadjar

L’annulation de Bahreïn et d’Arabie Saoudite prive Hadjar de roulage vital pour comprendre et améliorer sa Red Bull RB22.

L’annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie Saoudite en raison du conflit au Moyen-Orient laisse un grand vide dans le calendrier d’avril. Si pour beaucoup de pilotes, ce mois sans course est une opportunité de développement en usine, Isack Hadjar y voit surtout un frein majeur à la progression de l’écurie de Milton Keynes.

Red Bull essuie les plâtres pour sa première année en tant que constructeur moteur complet avec Ford. Après des essais hivernaux encourageants mais ponctués de soucis de fiabilité, la RB22 a montré ses limites dès que la compétition s’est intensifiée.

Pour Isack Hadjar, la simulation ne remplace pas la réalité de la piste. Le jeune Français explique que le manque de roulage actuel est un handicap. “Plus nous courons, plus nous comprenons — et plus nous nous rapprochons des meilleurs moteurs de la grille”, a-t-il confié. “De ce côté-là, c’est définitivement un désavantage pour nous.”

2026 est impitoyable. À Shanghai, on a assisté à un spectacle impensable il y a deux ans : Max Verstappen et Isack Hadjar luttant roue contre roue avec la Haas d’Oliver Bearman et l’Alpine de Pierre Gasly. Un combat dont les Red Bull ne sont pas sorties vainqueurs avec un abandon moteur pour Hadjar en Australie, suivi d’un souci technique pour Verstappen en Chine.

Le bloc Red Bull-Ford concède encore trop de terrain aux unités Mercedes et Ferrari. Chaque tour non effectué en avril retarde la compréhension des cartographies moteur complexes de cette nouvelle ère.

Face à l’optimisme de certains de ses rivaux comme Oscar Piastri ou Alex Albon, qui voient dans ce mois d’avril une chance de peaufiner leurs évolutions, Hadjar prend le contre-peid. Interrogé sur le seul point positif de cette trêve forcée, sa réponse a fusé : “Oui, cela fait moins de points perdus par rapport aux autres, c’est certain.”

Si Mercedes et Ferrari profitent de cette pause pour optimiser une base déjà solide, Red Bull doit résoudre des équations fondamentales sur son moteur. À Miami, la sentence risque d’être lourde si le travail au banc d’essai à Milton Keynes n’a pas fait de miracles.

Author: Elisabeth Maingé, Consultante
Ingénieure de formation et passionnée de Formule 1 depuis son enfance, Élisabeth Maingé évolue au sein d’un grand constructeur automobile, où elle travaille dans le domaine de la recherche et du développement. Elle met son expertise technique au service de F1ACTU en analysant les performances des monoplaces, les choix aérodynamiques et les enjeux liés aux évolutions réglementaires. Son regard d’ingénieure apporte un éclairage précis sur les forces en présence dans le paddock, en reliant les données techniques aux performances en piste.

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