Carlos Sainz rate son freinage et provoque un crash fratricide avec Alexander Albon en fin de course au Pays-Bas
L’euphorie n’aura vraiment pas duré longtemps chez Williams. Quelques jours après avoir officialisé la prolongation de Carlos Sainz et Alexander Albon, l’équipe de Grove a vécu un dimanche franchement pénible à Zandvoort. Le pire est venu de ses propres pilotes.
Alors qu’ils se traînaient hors des points, les deux Williams se sont accrochées à six tours de l’arrivée. Un accident entre coéquipiers est toujours une mauvaise publicité. Quand il intervient pour la 15e place, après un week-end déjà raté, ça devient vraiment embarrassant.
Le moment le plus gênant de la course est arrivé au 66e tour, sur les 72 prévus. Alexander Albon, chaussé de mediums nettement plus frais, revenait rapidement sur Carlos Sainz. L’Espagnol tentait de défendre sa position à l’approche du virage 1, la fameuse Tarzanbocht, et là, tout est parti de travers.
Sainz a bloqué l’avant au freinage et n’a pas pu éviter Albon. Les deux Williams ont terminé dans l’échappatoire, avec des dégâts particulièrement lourds pour la voiture du Thaïlandais.
« Tout d’un coup, quand j’ai voulu défendre, une grosse bosse au freinage du virage 1 m’a surpris. J’ai déclenché un énorme blocage de l’avant et, avec ça, j’ai évidemment emmené Alex avec moi », a reconnu Sainz.
Difficile de lui donner tort sur la responsabilité. L’Espagnol a d’ailleurs immédiatement assumé à la radio : « Désolé les gars, c’est ma faute. » Mais le mal était fait. Sainz a pu repartir et terminer 16e, avec dix secondes de pénalité. Albon, lui, n’a même pas vu le drapeau à damier. Les débris ont en plus provoqué une courte neutralisation sous VSC.
Sainz assume, Albon pointe surtout la stratégie
Sainz n’a pas cherché d’excuse. Il a expliqué qu’il souffrait énormément avec ses pneus durs très usés et qu’il n’avait pas le rythme pour aller chercher les points.
Son coéquipier a eu une lecture différente de la journée. Albon n’a pas voulu transformer l’accrochage en guerre ouverte. Il a même relativisé l’incident en expliquant que ce n’était pas une situation comparable à l’accrochage entre Max Verstappen et Daniel Ricciardo à Bakou.
En revanche, il avait visiblement beaucoup plus de mal à digérer la stratégie de Williams. Le Thaïlandais estime que son équipe a laissé filer une vraie occasion de marquer des points. Après avoir longtemps bataillé avec Fernando Alonso, finalement neuvième, Williams a rappelé Albon trop tôt pour couvrir une éventuelle attaque de l’Aston Martin.
La conséquence a été immédiate : Albon s’est retrouvé derrière un train de sept voitures et a perdu une bonne partie de sa course dans le trafic. « Je pense vraiment que les points étaient possibles aujourd’hui, donc c’est frustrant », a-t-il regretté.
Williams enchaîne un sixième Grand Prix sans marquer
L’accrochage entre les deux pilotes n’est finalement que la dernière image d’un week-end raté pour Williams.
Le Grand Prix des Pays-Bas, dernier de l’histoire à Zandvoort, avait pourtant tout pour offrir un peu de spectacle : menace de pluie, interruptions et même le gros incident de Max Verstappen dès le premier tour.
Mais pour Williams, la journée s’est terminée sans le moindre point. L’équipe en est désormais à six Grands Prix consécutifs en dehors du top 10.
Le patron de Williams a reconnu que l’équipe avait une part de responsabilité dans cette situation. « Nous avons mis Carlos dans une situation délicate en le laissant avec des pneus très usés », a-t-il admis.
Williams venait de sécuriser son duo pour l’avenir et voulait logiquement afficher de la stabilité. À Zandvoort, elle a surtout montré ses faiblesses.

