La FIA a fait des mécontents en reportant le départ à Spa

Après le chaos de Silverstone, la FIA a joué la carte de la sécurité à Spa. Mais pour plusieurs pilotes, c’était excessif et sans réel fondement

Le Grand Prix de Belgique 2025 a été bouleversé par la météo, ce qui a conduit la FIA à prendre la décision de repousser le départ, alors que la pluie avait cessé. Cela a eu le don de cristalliser les critiques. Max Verstappen et Lewis Hamilton ont été parmi les premiers à s’exprimer : selon eux, la F1 est en train de perdre le goût — et le courage — de faire des grandes courses sous la pluie.

Dimanche, à l’heure initiale du départ, les nuages s’étaient dissipés et la piste était humide mais praticable. Pourtant, les organisateurs ont décidé de repousser le début du Grand Prix de 80 minutes, invoquant des raisons de sécurité. Lorsque la course a finalement été autorisée, ce fut derrière la voiture de sécurité, en mode départ lancé.

Une prudence que Verstappen a jugée excessive : « Il ne pleuvait même plus à 15h. Il restait un peu d’eau entre le premier et le cinquième virage, mais après deux ou trois tours derrière la Safety Car, c’était largement jouable. »

Le Néerlandais, qui a terminé quatrième après avoir misé sur des réglages adaptés à la pluie, n’a pas caché sa frustration : « À ce rythme-là, autant attendre que ce soit sec pour monter les slicks… Mais ça, ce n’est plus de la course sous la pluie. »

Il s’inquiète d’une F1 devenue trop frileuse, où les classiques disputés dans des conditions extrêmes appartiennent peut-être déjà au passé : « Les grandes courses sous la pluie, celles dont on se souvient pendant des années, on ne les reverra plus. C’est dommage, pour nous comme pour les fans. »

Lewis Hamilton a lui aussi pointé du doigt la décision de la FIA. Il fait le lien avec l’incident du Grand Prix précédent, à Silverstone. Souvenez-vous, une relance mal anticipée avait conduit à un accident sous une visibilité quasi nulle. « Je pense que c’est une réaction directe à Silverstone. Mais honnêtement, aujourd’hui, on aurait pu y aller. La piste était presque sèche à la fin. »

Hamilton a aussi critiqué l’usage du départ lancé : « Un départ arrêté était largement faisable. Le spray n’était pas pire que ce qu’on a déjà vu auparavant. »

Une course figée, un spectacle décevant

La conséquence de ces décisions ? Une course en grande partie sèche, où les écarts se sont rapidement stabilisés et les stratégies figées. Un scénario loin du chaos habituel de Spa, souvent connu pour ses retournements imprévisibles.

Verstappen, amer, résume ainsi la situation : « Si on prend toutes les précautions pour éviter la pluie, alors pourquoi continuer à courir sous la pluie ? »

Ce nouvel épisode relance un débat de fond sur l’équilibre à trouver entre sécurité et spectacle. En tentant d’éviter tout risque, la F1 s’éloigne peu à peu de ce qui faisait son attrait en conditions extrêmes, et c’est bien dommage. Cela dit, on préfère une course ennuyeuse mais sans bobo à des drames qui font des veuves et des orphelins.

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