Jos Verstappen joue la carte de la guerre psychologique : il glisse un doute sur la loyauté de McLaren envers Oscar Piastri.

C’est une petite phrase, lâchée au moment parfait. Un conseil en apparence bienveillant, mais qui ressemble furieusement à une grenade dégoupillée et lancée dans le garage McLaren par Jos Verstappen.
Dans une interview au journal néerlandais De Telegraaf, le père du champion du monde en titre, Max Verstappen, s’est soudainement pris de pitié pour Oscar Piastri. Le contexte est crucial. Piastri, qui dominait le championnat, a vu son avance de 34 points sur Lando Norris (et 104 sur Max) fondre comme du beurre dans un bain-marie. Depuis la pause estivale, il n’a plus vu un podium. Il est désormais derrière Norris, pour un point.
Jos Verstappen n’a pas raté cette occasion pour intervenir. « Je trouve ce qu’il se passe chez McLaren assez étrange », a-t-il déclaré. « Piastri n’a pas soudainement oublié comment piloter, n’est-ce pas ? »
Le coup de pression est habile. Il se divise en deux temps. D’abord, il instille le doute. Il pose la question que les fans complotistes adorent : l’équipe ne serait-elle pas en train de favoriser Norris, le Britannique ? Jos admet qu’il n’a “aucune information” là-dessus, mais que “ça peut y ressembler”. Le poison est injecté.
Ensuite, il attaque l’autre front : celui de la réputation de Piastri. « Si j’étais lui, ou son manager [Mark Webber], je taperais du poing sur la table », a-t-il lancé. « Car maintenant, tout le monde se demande s’il peut gérer la pression. Et ça, ce n’est pas bon pour sa réputation. »
L’analyse est brillante. Jos Verstappen n’est pas un observateur neutre. Il est le père du troisième homme dans la course au titre. Son fils, Max, est à 36 points. Il a besoin d’un miracle pour être titré. Ce miracle s’est déjà produit pour un pilote Ferrari en 2007, l’année où les deux pilotes McLaren (Alonso et Hamilton) se sont détruits mutuellement, offrant le titre à Kimi Räikkönen.
Jos ne fait pas que commenter la situation ; il tente de la provoquer. En disant à Piastri “ta réputation est en jeu” et “ton équipe te favorise peut-être”, il pousse l’Australien à la paranoïa, à la faute, à la guerre interne. Il tente de le monter contre son équipe pour que le scénario de 2007 se répète, au profit de son propre fils.
Mais la tentative de déstabilisation s’est heurtée à un mur de 24 ans, nommé Oscar Piastri. Interrogé à ce sujet jeudi à Interlagos, l’Australien n’a pas cillé. Il n’a pas “tapé du poing sur la table”. Il a calmement démonté la théorie.
Non, il n’y a pas de sabotage. « Ce n’est pas le cas », a-t-il affirmé, expliquant que ses difficultés sur les circuits à faible adhérence (Austin, Mexico) étaient “clairement expliquées” par les données. Il a confirmé ce que disait son équipe : Norris gère mieux la glisse sur ces pistes, lui préfère l’adhérence élevée.
Sur le conseil de “taper du poing sur la table” ? Piastri a été très clair. « Nous sommes toujours très ouverts entre nous sur ce que nous pensons… De ce côté-là, nous pouvons nous défendre, et je suis très à l’aise avec ça. C’est même encouragé par l’équipe. »
En résumé, Piastri a poliment ramassé la grenade de Jos Verstappen et l’a désamorcée. La discorde attendra.
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— McLaren (@McLarenF1) November 6, 2025