Après avoir marqué la carrière de Hamilton en 2021, Latifi refait surface loin des paddocks, avec un projet entrepreneurial qui rappelle celui du pilote Ferrari.

L’histoire entre Lewis Hamilton et Nicholas Latifi semble condamnée à bégayer, passant de l’asphalte brûlant d’Abu Dhabi aux rayons des spiritueux de luxe. Pour beaucoup de fans, le nom de Latifi reste indissociable de ce fameux virage 14 en 2021, où un simple tête-à-queue a fait basculer la Formule 1 en privant Hamilton d’un huitième titre mondial.
On se souvient des excuses presque suppliantes du Canadien à l’époque, avouant avoir « ruiné sa propre course » sans réaliser l’ampleur du séisme qu’il venait de déclencher. Cinq ans plus tard, ces deux hommes se retrouvent à nouveau en compétition frontale, mais cette fois sur le terrain entrepreneurial du “Mindful Drinking”.
Après son éviction de chez Williams fin 2022, Latifi a pris une décision radicale : tourner le dos au sport automobile pour s’immerger dans les amphis de la London Business School. Ce n’était pas qu’une simple parenthèse pour occuper le temps d’un héritier milliardaire, mais un véritable pivot stratégique.
Fraîchement diplômé de son MBA en 2025, il vient de lancer “Leve”, un spiritueux d’agave titrant à 22%. Le timing est presque ironique : il marche directement dans les traces de Lewis Hamilton, qui a lancé sa propre marque de tequila sans alcool, “Almave”, en 2023. Là où Hamilton prône l’abstinence totale, Latifi tente de s’engouffrer dans la niche de la modération, prouvant qu’il ne peut décidément pas s’empêcher de croiser la route du Britannique.
Le contraste entre les deux hommes reste pourtant saisissant. Hamilton, l’icône partie de rien, utilise son influence pour bousculer les codes, tandis que Latifi s’appuie sur une éducation rigoureuse en école de commerce et l’empire industriel de son père, Michael Latifi, pour bâtir sa crédibilité.
“Leve” est né d’une discussion de salle de classe à Londres, un projet qui semble avoir plus de succès que sa carrière en F1, marquée par des abandons à répétition. C’est une trajectoire qui force une certaine forme de respect, ou du moins une curiosité sincère : passer du statut de pilote le plus critiqué de la grille à celui d’entrepreneur sérieux dans le secteur très concurrentiel des boissons demande une sacrée dose de résilience.
Aujourd’hui, Nicholas Latifi semble avoir trouvé une forme de paix loin des circuits, bien que l’ombre d’Abu Dhabi plane toujours sur son nom. En lançant un produit qui se veut « plus léger et plus moderne », il tente de redéfinir son image, loin des débris de sa Williams sur le circuit de Yas Marina.
Pour Hamilton, voir son ancien “bourreau” involontaire devenir son concurrent direct dans le business de l’agave doit avoir une saveur particulière.