Alors que Ferrari peine à l’aider, Hamilton trouve chez Wolff du réconfort. Mercedes le soutient moralement, consciente que cette épreuve pourrait le renforcer

Alors que Lewis Hamilton traverse ce qu’il qualifie lui-même de “pire saison” de sa carrière chez Ferrari, le soutien ne vient pas seulement de son garage rouge, mais de celui qu’il a quitté : Mercedes. Loin des caméras du paddock et des conférences de presse formatées, un dialogue ininterrompu perdure entre le septuple champion du monde et son ancien patron, Toto Wolff.
C’est Bradley Lord, le directeur de la communication de Mercedes, qui a levé le voile sur ces échanges confidentiels, révélant une dimension humaine dans ce sport impitoyable. L’information clé révélée par Lord est la suivante : Toto Wolff et Lewis Hamilton voyagent souvent ensemble pour se rendre sur les Grands Prix ou en repartir. C’est dans l’intimité de ces vols, à 30.000 pieds, que les masques tombent.
« Ils en parlent beaucoup », confie Lord. « Nous essayons de le soutenir à notre manière… et oui, nous essayons de l’encourager. »
Ces conversations “off” sont cruciales pour Hamilton. Isolé chez Ferrari, en difficulté avec une SF-25 qu’il ne comprend pas (éliminé en Q1 au Qatar, pas de podium en 23 courses), le Britannique trouve auprès de Wolff une oreille attentive et bienveillante. C’est un paradoxe notable : le patron de l’équipe qui est en train de battre Ferrari au championnat constructeurs est aussi le confident du pilote vedette de la Scuderia.
Ce lien indéfectible montre que la rupture professionnelle de fin 2024 n’a pas brisé l’amitié. Mercedes, qui voit son ancien protégé souffrir, ressent de la peine “sur un plan humain”, connaissant l’investissement émotionnel total qu’Hamilton met dans son travail.
Mais attention, cette bienveillance n’est pas dénuée de pragmatisme, voire de crainte. Si Mercedes soutient Hamilton aujourd’hui, l’écurie allemande sait pertinemment à qui elle a affaire. Bradley Lord a lâché une phrase qui sonne comme un avertissement pour l’an prochain : « Je sais aussi que Lewis ne sortira que plus fort d’une telle expérience. Cela me rend prudent pour l’année prochaine. »
Chez Mercedes, on est convaincu que le calvaire actuel d’Hamilton est conjoncturel, pas structurel. Ils savent que le “benchmark” est toujours là. En le soutenant moralement, Wolff aide peut-être son ami, mais il prépare aussi le terrain pour un retour de flamme. Si Ferrari parvient à donner à Hamilton une voiture compétitive en 2026, la rage accumulée en 2025 pourrait se transformer en une motivation dévastatrice.
En attendant, la réalité immédiate est difficile. Hamilton aborde la finale d’Abu Dhabi avec l’objectif minimaliste de sauver sa 6e place au championnat face à… Kimi Antonelli, son remplaçant chez Mercedes, qui n’est plus qu’à deux points.
Pour cette dernière manche, Hamilton devra encore ronger son frein : il cédera son baquet lors des Essais Libres 1 à Arthur Leclerc, le frère de son coéquipier. Une dernière contrariété dans une année à oublier.
Fred Vasseur, le directeur de Ferrari, tente de maintenir la cohésion, rappelant que même Max Verstappen a connu des passages à vide avant de dominer. Mais pour Hamilton, le véritable soutien semble venir de l’extérieur.
His old team are still keeping an eye on him… https://t.co/NVvkJS4nym
— F1 Oversteer (@F1Oversteer) December 4, 2025