Red Bull peut-elle s’inspirer de Racing Bulls pour se relancer ?

Une Red Bull en perte de repères, une Racing Bulls plus constante… Faut-il copier la petite sœur ? Mekies répond, sans détour.

Alors que Red Bull peine à comprendre sa propre voiture, sa petite sœur fait preuve d’une régularité assez enviable. À Budapest, Verstappen a terminé 9e, incapable de remonter le peloton malgré un départ en 7e position. Pendant ce temps, Liam Lawson — au volant de la Racing Bulls — accrochait la 8e place, dans une voiture globalement plus stable depuis le début de saison.

Dans ces conditions, pourquoi Red Bull ne s’appuie-t-elle pas davantage sur Racing Bulls pour retrouver de la performance ? Laurent Mekies, nouveau patron de Red Bull, a répondu : « Il n’y a rien que l’on puisse transférer d’une voiture à l’autre. C’est tout simplement impossible. »

Si certains rêvent d’un copier-coller technique entre les deux entités, la réalité de la Formule 1 moderne l’empêche totalement. « L’origine des voitures est trop différente. Chacune a été développée selon une philosophie propre, avec ses difficultés et ses choix techniques. »

En clair, Racing Bulls et Red Bull n’ont pas évolué sur des rails parallèles. Malgré leurs liens structurels, ce sont deux projets autonomes — et les résultats, parfois paradoxaux, le reflètent. Red Bull est engluée dans une quête d’équilibre sur une monoplace capricieuse, là où Racing Bulls propose une voiture plus facile à piloter, bien que moins rapide en potentiel pur.

L’ancien pilote Red Bull, Alex Albon, a récemment mis le doigt sur ce contraste. « Les Racing Bulls sont bien équilibrées, stables. La Red Bull, elle, est sur le fil du rasoir. » Une formule qui résume parfaitement le mal dont souffre Verstappen : une voiture ultra-performante quand tout est aligné… mais quasi-ingérable hors de sa fenêtre. Mekies confirme : « Ce n’est pas un problème d’équilibre, c’est un problème d’adhérence globale. On ne parvient pas à mettre la voiture dans la bonne fenêtre. »

Malgré ces difficultés techniques, Max Verstappen parvient encore à faire la différence. « Son expérience est un atout énorme. Il sait ce que la voiture devrait faire, et quand elle ne le fait pas », affirme Mekies.
Le quadruple champion du monde reste le seul capable d’exploiter une machine aussi pointue, mais même lui avoue son impuissance quand l’équilibre disparaît.

À Budapest, le mal était visible dès les premiers tours d’essais libres. « Dès la FP1, on s’est regardé en se demandant ce qui se passait. On était lents dans tous les virages, quel que soit le rythme ou les réglages. »

Des tentatives multiples ont été menées, tant sur la voiture de Verstappen que celle de Tsunoda. Longs relais, courts relais, réglages opposés : rien n’a fonctionné. « On n’a jamais réussi à activer les pneus correctement. »

Face à cette instabilité chronique, certains observateurs pointent la philosophie même de conception de Red Bull : une recherche extrême de performance, mais avec une tolérance minuscule.Ce choix devient risqué et Mekies en est conscient : « On dit souvent que la fenêtre est étroite, mais là, c’était pire. Ce dimanche, on n’a jamais réussi à faire fonctionner la voiture. »

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