Red Bull a une idée derrière la tête en choisissant Lawson plutôt que Tsunoda

Liam Lawson retrouve Red Bull avec une double mission : remplacer Hadjar et aider l’équipe à comprendre l’écart entre la RB22 et la Racing Bulls

Le remplacement d’Isack Hadjar aurait pu sembler assez simple à régler. Yuki Tsunoda est le pilote de réserve de Red Bull, il connaît l’équipe et travaille régulièrement sur son simulateur. Pourtant, au moment de choisir qui allait prendre la place du Français à Zandvoort, Red Bull a préféré Liam Lawson.

Pour Red Bull, l’occasion est intéressante : mettre Lawson dans la RB22 permet de comparer directement les deux voitures avec un même pilote.

Tsunoda était pourtant le candidat évident. Depuis qu’il a perdu son baquet chez Red Bull, le Japonais occupe le rôle de réserviste et reste impliqué dans le développement de l’équipe. Mais Red Bull a préféré éviter de bouleverser complètement son organisation. Tsunoda a donc été envoyé chez Racing Bulls pour remplacer Lawson, tandis que le Néo-Zélandais a récupéré la RB22 aux côtés de Max Verstappen.

Avec le format Sprint, Lawson ne dispose que d’une séance d’essais pour prendre ses marques avant d’attaquer directement les qualifications Sprint. Red Bull ne lui offre donc pas vraiment un week-end d’apprentissage tranquille. Selon le journaliste Ralf Bach, cité par le podcast F1-Insider, Red Bull veut notamment profiter de la présence de Lawson pour comparer la RB22 à la Racing Bulls.

L’idée est assez simple. Lawson a passé la majeure partie de la saison dans la VCARB 03. Il dispose donc d’un point de référence récent. En le plaçant soudainement dans la RB22, les ingénieurs peuvent observer ce qu’il gagne ou perd en passant d’une voiture à l’autre.

Si Lawson se montre plus performant dans la Red Bull, l’équipe pourra y voir la confirmation que sa monoplace possède un avantage réel. À l’inverse, s’il est plus à l’aise dans la Racing Bulls, cela pourrait mettre en lumière un problème d’équilibre ou de comportement de la RB22. Ce genre de comparaison est difficile à organiser en temps normal. Red Bull vient donc de la provoquer presque naturellement avec la blessure de Hadjar.

Il faut toutefois se méfier d’une conclusion trop rapide. Une Red Bull rapide ne signifie pas forcément une Red Bull facile à piloter. Max Verstappen est capable d’exploiter des comportements de voiture qui peuvent mettre un autre pilote complètement en difficulté. Lawson l’a appris à ses dépens lors de son premier passage dans l’équipe l’an dernier. Promu aux côtés du Néerlandais, il n’avait tenu que deux Grands Prix avant d’être remplacé.

Le scénario est donc assez particulier cette fois. Lawson revient dans la même équipe avec quelque chose à prouver, mais Red Bull veut également savoir ce que vaut réellement sa voiture entre les mains d’un pilote qui la connaît moins bien que Verstappen.

Sson vendredi à Zandvoort a déjà apporté quelques éléments intéressants. Lawson a devancé Verstappen en SQ1 avant de rester bloqué en SQ2. Il partira finalement 11e du Sprint, un résultat frustrant compte tenu de son début de séance.

Tsunoda, lui, doit immédiatement retrouver ses repères

Pendant que Lawson découvre la RB22, Tsunoda doit lui aussi reprendre ses marques chez Racing Bulls. Le Japonais n’avait encore jamais roulé avec la monoplace 2026 de l’équipe en conditions réelles. Il a d’ailleurs expliqué avoir eu le sentiment de « redevenir un rookie » en reprenant le volant.

Cela ne l’a pourtant pas empêché de signer une qualification Sprint solide. Tsunoda s’est placé 12e, à seulement 0,009 seconde du temps réalisé par Lawson avec la Red Bull.

Ce résultat rend la comparaison encore plus savoureuse. Avec seulement neuf millièmes d’écart entre les deux hommes, Red Bull dispose déjà d’une première donnée intéressante, même si les conditions et les réglages des deux voitures ne permettent évidemment pas de tirer une conclusion définitive.

À première vue, on pourrait penser que Red Bull a remplacé Hadjar à la hâte. En réalité, l’équipe s’est offert une occasion assez rare de confronter indirectement ses deux monoplaces avec deux pilotes qui connaissent leur environnement respectif.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
Fondateur de F1ACTU.COM, je suis la Formule 1 depuis plus de 35 ans. Cette expérience me permet d’apporter un regard à la fois passionné et analytique sur l’évolution du championnat, de ses enjeux techniques à ses coulisses. F1ACTU propose une couverture quotidienne de l’actualité F1 avec une attention particulière portée aux évolutions techniques, aux décisions réglementaires et aux mouvements du paddock. Chaque publication fait l’objet d’un travail éditorial rigoureux afin de garantir des contenus clairs, contextualisés et fiables. Média indépendant et spécialisé, F1ACTU s’attache à offrir une information réactive, accessible et fidèle à l’exigence qu’attendent les passionnés de Formule 1.

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