Franco Colapinto ne retrouve pas son niveau de 2024. L’A525 l’empêche d’exprimer son potentiel selon lui, malgré tous les efforts consentis à l’usine

Franco Colapinto avait conquis Williams et séduit le paddock. Mais depuis son transfert chez Alpine, l’Argentin peine à retrouver cette lumière. Après sept Grands Prix au sein de l’écurie française, son compteur reste bloqué à zéro point — comme celui de son prédécesseur Jack Doohan. Il a expliqué qu’il ne se sent tout simplement pas en confiance avec la A525.
L’Argentin n’a pas oublié son arrivée fracassante l’an passé, lorsqu’il avait remplacé Logan Sargeant au pied levé chez Williams. Sur la FW46, il avait d’emblée affiché une vitesse proche de celle d’Alex Albon, impressionnant par son naturel au volant et sa capacité à performer sans rodage. « Je pouvais arriver et être rapide tout de suite, sans complication », résume-t-il dans un point presse à Budapest.
Chez Alpine, le contraste est brutal. Colapinto évoque une voiture « difficile à piloter dès l’entrée des virages », instable, rétive, et qui ne lui permet pas d’exprimer son pilotage. « Je l’ai dit depuis le début : je manque de confiance dans la voiture, et cela se voit dans certains virages. Je lutte pour simplement tourner et entrer dans les courbes comme je le voudrais. » En clair, la A525 ne lui parle pas et ça ne s’arrange pas.
Son adaptation à l’univers Alpine, pourtant préparée avec sérieux depuis son passage en tant que réserviste, n’a pas suffi à créer un déclic. Les ingénieurs d’Enstone multiplient les sessions de travail avec lui, mais la confiance ne revient pas. Il décrit une monoplace «bizarre en entrée de virage, capricieuse dans les courbes rapides, et qui l’empêche de repousser ses limites.
Ce n’est pas un problème de motivation, ni d’engagement. Colapinto ne se cherche pas d’excuse. Mais il reconnaît qu’il avait sous-estimé le degré d’instabilité de la voiture par rapport à celle de Williams, pourtant loin d’être parfaite. « Quand ça se dégrade un peu, je perds immédiatement en performance. Et c’est justement là que ça coince le plus. »
Avant la trêve estivale, le pilote de 22 ans espérait que le retour sur des circuits déjà connus puisse lui offrir un peu de répit. Mais même sur terrain familier, le malaise persiste. Colapinto évoque désormais la nécessité de trouver le déclic mental et technique qui pourrait débloquer la situation. « Je pense que, dès qu’on résoudra ce souci d’équilibre à haute vitesse, tout ira beaucoup mieux. »
En attendant, Alpine reste bon dernier au classement constructeurs avec seulement 20 points, à bonne distance de Haas.