Critiqué en 2025, Lewis Hamilton reçoit désormais les excuses de la presse italienne après son solide début de saison avec Ferrari

La presse italienne n’est pas réputée pour sa tendresse, encore moins pour sa patience envers tout ce qui concerne Ferrari. Pourtant, après seulement cinquante-huit tours à Melbourne, le vent a tourné de manière spectaculaire de l’autre côté des Alpes. Celui que l’on disait « usé », « prêt pour la retraite » ou « éteint par la fougue de Charles Leclerc » vient de réaliser un premier tour de force : faire taire, au moins provisoirement, la critique transalpine.
Il est rare de voir un monument comme le Corriere della Sera battre sa coulpe avec une telle franchise. Après une saison 2025 frustrante où Lewis Hamilton semblait errer dans les stands de Maranello, le quotidien italien a opéré un 180 degrés vertigineux. « Nous l’avons critiqué, nous pensions qu’il était prêt pour la retraite, et maintenant il est temps de faire amende honorable », peut-on lire dans les colonnes du média.
Ce qui frappe les observateurs italiens, ce n’est pas seulement la quatrième place finale du septuple champion du monde, mais la manière. Parti septième, Hamilton a retrouvé cette science de la course — ce flair du « vieux briscard » — pour remonter le peloton et venir mourir à moins d’une seconde de son coéquipier. Pour la première fois depuis son arrivée en rouge, l’Italie voit en lui un candidat crédible au titre, porté par une Ferrari qui semble enfin être à la hauteur de ses ambitions.
En observant attentivement les caméras embarquées lors des derniers relais à Melbourne, on a pu déceler un Hamilton que l’on n’avait plus vu depuis longtemps. Agressif sur les vibreurs, chirurgical dans ses trajectoires, il semblait littéralement mordre la piste pour rattraper Leclerc. C’est ce niveau d’agressivité en piste qui a convaincu les tifosi que le Britannique reste une menace sérieuse. Lewis n’est pas venu à Maranello pour une pré-retraite dorée, mais pour un huitième sacre.
Le Britannique lui-même se dit fier du travail accompli, il pointe déjà du doigt le nœud du problème : la vitesse de pointe. « Ils ont un avantage en vitesse sur les lignes droites », a-t-il analysé, les yeux déjà tournés vers les données de Mercedes. Le déficit semble se situer dans le déploiement de puissance hybride, un domaine où le moteur Mercedes semble encore avoir une longueur d’avance en ce début d’ère 2026. Comprendre si cet écart vient de la batterie ou de la gestion logicielle sera le grand chantier de Frédéric Vasseur avant Shanghai.
Mais ce regain de forme pose un dilemme à la Scuderia. Si Hamilton retrouve son niveau stratosphérique alors que Charles Leclerc est au sommet de son art, la gestion interne pourrait vite devenir explosive. Frédéric Vasseur se retrouve face à un scénario qu’il connaît bien, mais à une échelle décuplée : maintenir la paix entre deux prétendants au titre mondial dans le garage le plus scruté de la planète.
Pour l’instant, l’harmonie règne, Hamilton se disant « globalement très fier » de l’effort collectif. Mais l’histoire de la Formule 1 nous a appris qu’entre deux loups de ce calibre, la trêve ne dure généralement que très peu de temps.





















