Ce que pourrait cacher la récente sortie de Horner sur Ferrari

Christian Horner travaille déjà sur un projet de retour en F1, mais Ferrari apparaît désormais comme une option très intéressante pour l’ancien patron de Red Bull

Christian Horner travaille avec BYD sur une éventuelle arrivée en Formule 1. Une information qui éclaire autrement son récent appel du pied à Ferrari, alors que le projet chinois dépend encore largement de la direction que prendra la réglementation moteur.

Christian Horner a déjà un projet sur lequel travailler. Alfredo Altavilla, conseiller spécial de BYD pour l’Europe, a confirmé que l’ancien directeur de Red Bull participe aux discussions concernant une possible entrée du constructeur chinois en Formule 1.

« Nous travaillons avec Christian Horner et la FIA pour comprendre comment une telle arrivée pourrait être envisagée », a déclaré Altavilla lors d’un événement organisé par Il Foglio, selon les propos rapportés par F1 Oversteer. BYD ne compte pas se contenter d’apposer son logo sur une monoplace : le groupe veut apporter quelque chose sur le plan technique.

Voilà qui change la lecture de la récente déclaration de Horner sur Ferrari. Lorsqu’il désigne la Scuderia comme la seule équipe pour laquelle il accepterait de revenir sans participation au capital, il dispose déjà d’une autre piste de travail. Son ouverture envers Maranello mérite donc d’être examinée autrement que comme une simple déclaration d’admiration.

Le projet BYD pourrait lui permettre de construire une équipe, avec la perspective éventuelle d’en devenir actionnaire. Ferrari lui offrirait une structure immédiatement opérationnelle, si un poste s’y libérait. Entre ces deux possibilités, les délais et les obstacles n’ont rien de comparable.

L’ambition chinoise, évoquée sous la forme d’une possible douzième équipe, reste à définir. Aucun engagement n’est annoncé, pas davantage qu’un accord sur le rôle de Horner. Altavilla a néanmoins clairement identifié le domaine dans lequel BYD estime pouvoir peser : l’électrification. Il reconnaît que d’autres constructeurs possèdent des références plus solides dans le moteur thermique. Sur la partie électrique, en revanche, son groupe considère avoir une expertise à faire valoir.

Or la F1 envisage de réduire la place de l’hybridation. Mohammed Ben Sulayem défend un retour au V8 avec une contribution électrique limitée, à l’horizon 2030 ou 2031. La FIA a confirmé que ces futurs moteurs faisaient l’objet de discussions, sans que cela équivale à un règlement technique entièrement arrêté.

De son côté, BYD veut montrer son savoir-faire électrique au moment où la discipline prépare un moteur qui pourrait lui laisser moins de place. La F1 conserverait sa puissance commerciale, mais représenterait-elle toujours la même vitrine technologique pour le constructeur ?

Le projet V8 était déjà sur la table avant cette confirmation des échanges avec Horner. Rien ne permet d’y voir une volonté de la FIA d’écarter BYD. Ses conséquences pourraient néanmoins compliquer le dossier : moins d’électrification signifierait moins d’occasions de mettre en avant la compétence qu’Altavilla présente justement comme un atout.

Cela ne condamne pas le projet. Il doit encore franchir plusieurs obstacles : convaincre la F1 et les équipes actuelles, définir le modèle de cette future structure et surtout vérifier que la réglementation à venir correspond réellement aux ambitions de BYD. Difficile, dans ces conditions, d’en faire à ce stade l’unique voie de retour de Horner.

Horner ouvre grand la porte à Ferrari

Au Times, Horner aurait pu se limiter à vanter le prestige de Ferrari. Il est allé plus loin en levant publiquement une condition qu’il avait jusqu’ici placée au centre de son retour.

« À ce stade de ma vie, il n’y a qu’une seule équipe pour laquelle j’accepterais de ne pas participer à l’actionnariat », a-t-il expliqué, avant de nommer la Scuderia. « C’est le rêve. »

Le message porte donc autant sur sa disponibilité que sur son attachement à la marque. Pour Ferrari, il accepterait un poste de dirigeant salarié. Ailleurs, il souhaite aussi posséder une part du projet.

Cette précision intervient pendant que l’avenir de Frédéric Vasseur fait l’objet d’informations sur une possible sortie négociée en fin de saison, rapportées par Thomas Maher. Ferrari n’a toutefois annoncé aucun changement, et Horner n’a confirmé aucun contact avec Maranello.

Faut-il y voir une solution de repli au cas où BYD se heurterait aux futures orientations techniques ? L’hypothèse se tient, mais aucun élément ne permet d’établir ce lien dans les intentions du Britannique. Les deux pistes peuvent aussi avancer séparément : participer à la réflexion d’un constructeur ne signifie pas lui avoir réservé son avenir.

Parler de Ferrari lui permet également de rester au centre des discussions sur les directeurs d’équipe. Ce peut être un effet recherché, sans que l’on puisse réduire sa déclaration à une opération de communication. L’intérêt pour Maranello peut être sincère et servir, en même temps, ses possibilités de retour.

Horner n’a peut-être surtout aucune raison de choisir tout de suite. Il peut continuer à travailler avec BYD tout en envoyant un signal très clair à Ferrari : si la Scuderia cherche un nouveau patron, sa demande d’actionnariat ne sera pas un obstacle.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
Fondateur de F1ACTU.COM, je suis la Formule 1 depuis plus de 35 ans. Cette expérience me permet d’apporter un regard à la fois passionné et analytique sur l’évolution du championnat, de ses enjeux techniques à ses coulisses. F1ACTU propose une couverture quotidienne de l’actualité F1 avec une attention particulière portée aux évolutions techniques, aux décisions réglementaires et aux mouvements du paddock. Chaque publication fait l’objet d’un travail éditorial rigoureux afin de garantir des contenus clairs, contextualisés et fiables. Média indépendant et spécialisé, F1ACTU s’attache à offrir une information réactive, accessible et fidèle à l’exigence qu’attendent les passionnés de Formule 1.

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