Hamilton et Leclerc se sont battus roue contre roue en Chine, un duel qui a fait vivre quelques sueurs froides à Fred Vasseur.

Nous avons retenu notre souffle à Shanghai. Deux Ferrari engagées dans un duel à très haute vitesse, séparées par une poignée de centimètres. À ce niveau, la moindre approximation peut transformer un simple dépassement en incident majeur.
Lewis Hamilton et Charles Leclerc se sont livrés un duel d’anthologie pour la dernière marche du podium. Pas de consignes, pas de gel des positions, juste deux funambules se rendant coup pour coup dans une lutte « très loyale mais dure », selon les mots du Monégasque. Leclerc a même avoué à la radio, avec un flegme déconcertant, que c’était « un combat vraiment amusant », malgré un « bisou » — un léger contact — qui a fait grimper la tension d’un cran sur le muret des stands.
Fred Vasseur, le patron de la Scuderia, a observé la scène avec un mélange de respect et d’appréhension : « J’ai un immense respect pour eux deux ; ce sont des professionnels et je pense qu’il est logique, dans cette situation, de les laisser se battre. » Le Français a pourtant conscience de la fragilité de sa position : « Je sais parfaitement que je peux aussi passer pour un idiot une demi-heure plus tard. »
Pourquoi ne pas avoir figé les positions pour assurer les points ? Pour Vasseur, le gain psychologique l’emporte sur la sécurité mathématique. « En fin de compte, c’est aussi la meilleure façon de construire une équipe. Nous avons besoin de ce genre d’émulation au sein de l’écurie pour nous améliorer », explique-t-il. Hamilton, désormais plus serein pour sa deuxième saison en rouge, semble enfin récolter les fruits de son implication.
Vasseur souligne ce changement de statut pour le septuple champion du monde : « Honnêtement, je pense que c’est toujours beaucoup plus facile la deuxième année, parce que vous faites partie du projet. Il était dans le simulateur dès la mi-2025 quand nous avons lancé le projet. Il se sent un peu plus impliqué. » Ce premier podium de Lewis sous les couleurs Ferrari n’est pas un hasard, mais le résultat de « gains marginaux » accumulés depuis des mois.
Le regard décalé de Villeneuve
Tout le monde ne partage pas cette vision romantique du panache. Jacques Villeneuve, présent en tant que consultant pour Sky Sports, avait un regard bien différent sur la gestion de cette course. Selon le champion du monde 1997, Ferrari a sacrifié son résultat global : « C’était un peu excessif, et cela a détruit la course de Ferrari. Ils occupaient les deuxième et troisième places. »
Le Canadien pointe du doigt les conséquences techniques de cet affrontement : « Ils se sont battus avec acharnement, au point d’abîmer leurs pneus, et au cours de ces deux ou trois tours, ils ont perdu cinq secondes sur Antonelli. » Villeneuve a toutefois salué la science de la course des deux pilotes face à Mercedes en début de Grand Prix : « Ils ont su, sur le vif, comment gérer leur énergie et ils ont mis la pression sur Russell. C’était à la fois fun et impressionnant. »
Hamilton a finalement remporté son duel en repassant Leclerc une dernière fois au 40e tour. Malgré une ultime tentative désespérée du Monégasque dans l’épingle, l’expérience du Britannique a fait la différence.
Au classement, Leclerc sauve les meubles avec 34 points, soit une petite unité d’avance sur son coéquipier. Ferrari reste P2 chez les constructeurs, mais accuse déjà 31 points de retard sur une écurie Mercedes portée par le triomphe historique de son prodige Kimi Antonelli.
LAP 25/56
— Formula 1 (@F1) March 15, 2026
It's CLOSE between the Ferraris as Leclerc makes the move on Hamilton into P2, and Hamilton tries to fight back! 😱#F1 #ChineseGP pic.twitter.com/Z176X9FUc9

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