On en oublierait presque l’exploit d’Antonelli à Las Vegas

Derrière la disqualification choc de McLaren, Antonelli a émergé : 17e, pénalisé, il signe un podium étincelant en gérant ses pneus comme vieux roublard

Le séisme provoqué par la disqualification des McLaren a logiquement saturé l’espace médiatique. Pourtant, au milieu de ce chaos et de la domination de Max Verstappen, une autre histoire s’est écrite sur l’asphalte du Nevada.

Kimi Antonelli, le prodige italien de Mercedes, a livré une prestation qui restera sans doute comme l’une des plus abouties de sa jeune carrière, transformant une qualification ratée en un podium inespéré.

Google News
Suivez F1ACTU sur Google News
Recevez l’actualité F1 en temps réel
S’abonner

La performance est d’autant plus remarquable qu’elle a débuté par une erreur qui aurait dû être fatale. Parti d’une lointaine 17e place après des qualifications sous la pluie, Antonelli a commis un faux départ. Les capteurs de la FIA ont détecté un mouvement avant l’extinction des feux, imperceptible sur les données d’embrayage selon Toto Wolff, mais suffisant pour déclencher une pénalité de cinq secondes.

L’Italien a échappé de justesse au carambolage du premier virage impliquant Lance Stroll et Gabriel Bortoleto, qui a piégé plusieurs pilotes autour de lui. Ce qui a suivi relève de la pure intelligence de course. Contraint de s’arrêter très tôt pour chausser des pneus Durs, Antonelli a basculé sur une stratégie audacieuse, le “Plan B” de Mercedes, l’obligeant à faire durer ses gommes jusqu’au drapeau à damier.

C’est ici que le rookie s’est comporté en vétéran. Sur un tracé froid favorisant le graining — ce phénomène où la gomme s’effrite et réduit l’adhérence —, la plupart des pilotes auraient paniqué et détruit leurs pneus. Antonelli, lui, a attendu.

Il a révélé après la course avoir passé les vingt derniers tours à “parler à ses pneus” dans les lignes droites, les suppliant de tenir. Cette gestion a payé : une fois la phase critique du graining passée et profitant de l’air libre, il a réussi à nettoyer la surface de ses gommes pour aligner des chronos de plus en plus rapides en fin de course.

Sur la ligne, Antonelli a franchi le drapeau à damier en quatrième position, avant de glisser au cinquième rang après l’application de sa pénalité. Mais la foudre de la FIA, qui a frappé McLaren plus tard dans la soirée, a rendu à César ce qui appartenait à César.

Avec la disqualification de Norris et Piastri, Kimi Antonelli a été propulsé à la troisième place, décrochant ainsi un très beau podium. Partir 17e, commettre un faux départ, gérer des pneus à l’agonie pendant plus de 40 tours et finir avec du champagne : à Las Vegas, Antonelli n’a pas seulement eu de la chance, il a prouvé qu’il avait l’étoffe des grands.

Author: Elisabeth Maingé, Consultante
Ingénieure de formation et passionnée de Formule 1 depuis son enfance, Élisabeth Maingé évolue au sein d’un grand constructeur automobile, où elle travaille dans le domaine de la recherche et du développement. Elle met son expertise technique au service de F1ACTU en analysant les performances des monoplaces, les choix aérodynamiques et les enjeux liés aux évolutions réglementaires. Son regard d’ingénieure apporte un éclairage précis sur les forces en présence dans le paddock, en reliant les données techniques aux performances en piste.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *