Le futur de la Formule 1 prend forme. La FIA envisage plusieurs changements majeurs, dont le retour du ravitaillement en course dès 2030.

Le ravitaillement pourrait bientôt retrouver sa place en Formule 1. Plus de quinze ans après sa disparition, la FIA étudie sérieusement cette possibilité dans le cadre de la future réglementation prévue pour 2030, aux côtés d’un retour des moteurs V8.
L’idée peut surprendre, mais elle répond à un problème très concret. Avec le retour annoncé des moteurs V8 à l’horizon 2030/31, la FIA veut éviter que les futures voitures ne deviennent encore plus imposantes. Or, une motorisation moins complexe mais plus gourmande en carburant pose immédiatement une question : comment conserver des monoplaces plus légères sans embarquer des réservoirs toujours plus volumineux ?
Mohammed Ben Sulayem a profité de sa présence à Silverstone pour confirmer l’ambition de la FIA de revenir vers une architecture moteur plus simple avec les V8. Une décision qui marque une rupture avec les unités de puissance hybrides actuelles, dont la complexité et le coût font régulièrement débat dans le paddock.
Mais ce retour vers des moteurs plus traditionnels crée une nouvelle contrainte. Avec une consommation supérieure, les équipes auraient besoin de réservoirs plus grands, ce qui irait à l’encontre de l’objectif affiché par la FIA : concevoir des voitures plus compactes et plus légères.
C’est dans cette équation que le ravitaillement retrouve une place dans les discussions. « Le ravitaillement, nous l’étudions en ce moment même. Ce n’est pas une inquiétude si vous le faites de la bonne manière. Nous sommes en train d’étudier cette possibilité, rien n’est encore décidé », a expliqué Ben Sulayem.
Le principe serait de permettre aux voitures de partir avec moins de carburant embarqué, tout en évitant de transformer les monoplaces en machines toujours plus lourdes au fil des années.
Un retour qui semblait pourtant impossible
Le ravitaillement avait disparu de la Formule 1 à la fin de la saison 2009. À l’époque, la FIA avait mis en avant des raisons de sécurité et une volonté de réduire les coûts.
Quinze ans plus tard, le contexte est différent. Le retour de moteurs V8 considérés comme moins coûteux pourrait rendre cette option financièrement acceptable, alors que les équipes cherchent justement à limiter les dépenses liées aux nouvelles technologies.
Ce changement ne signifierait pas pour autant un abandon des ambitions environnementales de la discipline. Les discussions portent sur l’utilisation de carburants durables et sur le maintien d’une assistance électrique. Mohammed Ben Sulayem a même évoqué la possibilité d’une électrification supérieure aux 10 % actuellement envisagés.
La FIA veut aussi casser les alliances moteur
Le futur règlement ne concerne pas uniquement la mécanique. La FIA réfléchit également à l’équilibre politique entre les équipes. Le sujet a pris de l’importance ces derniers mois avec les interrogations autour des liens entre certaines structures, notamment Red Bull Racing et Racing Bulls. Zak Brown avait d’ailleurs alerté la FIA sur les risques liés aux relations entre équipes fournisseuses et équipes clientes.
Pour éviter qu’une écurie disposant d’un moteur compétitif puisse influencer les décisions d’une équipe partenaire, la FIA envisage la création d’une solution moteur plus indépendante. « Il n’y aura aucun contrôle d’une équipe A sur une équipe B qui reçoit son moteur », a assuré Ben Sulayem. « Si c’est abordable, nous aurons un moteur pour les autres équipes, afin que personne ne puisse leur dire : votez dans cette direction ou nous ne vous fournirons pas un bon moteur. »
Ces pistes de réflexion traduisent surtout un changement de cap. À peine entrée dans une nouvelle ère technique, la Formule 1 prépare déjà la suivante, avec une volonté affichée de revenir à des solutions jugées plus simples, moins coûteuses et plus spectaculaires.
Le retour des V8 n’apparaît plus comme une idée isolée. En y associant le ravitaillement et un moteur indépendant destiné aux équipes clientes, la FIA esquisse progressivement une philosophie très différente de celle qui a guidé la réglementation actuelle : moins de complexité, moins d’influence politique des constructeurs et davantage de liberté dans le développement des voitures.
Les discussions ne font que commencer. Mais ce qui semble désormais acquise, c’est que la F1 de 2030 pourrait ressembler bien davantage à celle que les passionnés ont connue dans les années 2000 qu’à celle qui vient tout juste d’entrer en piste.
⚒️ Le retour aux V8 pourrait permettre un retour de motoristes indépendants et réduire la dépendance des équipes clientes aux grands constructeurs
— Motorsport.com France (@Motorsport_FR) July 7, 2026
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