La FIA dévoile les premières spécifications du futur V8

La F1 pourrait retrouver un V8 atmosphérique dès 2030. La FIA détaille son projet, entre réduction des coûts et retour d’une sonorité mythique

Le projet de retour du V8 franchit une nouvelle étape. La FIA ne se contente plus d’évoquer un changement de cap : elle a commencé à définir les caractéristiques du moteur qu’elle souhaite voir arriver en Formule 1. Cylindrée, hybridation, carburant, coûts de développement ou encore fournisseurs, Mohammed Ben Sulayem a dévoilé les grandes lignes d’un projet qui pourrait entrer en vigueur dès 2030 si les constructeurs trouvent un terrain d’entente.

Selon les informations publiées par Motorsport Italia, le projet actuellement défendu par la FIA repose sur un V8 atmosphérique de 2,6 litres associé à un système KERS standardisé développant entre 122 et 136 chevaux supplémentaires (90 à 100 kW).

L’objectif est de simplifier les groupes propulseurs afin de réduire drastiquement leur coût de conception et de fabrication. La fédération viserait un moteur dont le prix ne dépasserait pas 500 000 euros, soit bien moins que les unités de puissance hybrides actuelles.

La réduction des dépenses passerait également par le carburant. La FIA souhaiterait plafonner le prix du carburant durable à 10 euros le litre, alors que le développement des e-fuels utilisés aujourd’hui représente un coût largement supérieur.

Cette architecture conserverait donc une part d’hybridation, mais dans une forme beaucoup plus simple que celle des moteurs actuellement développés par les constructeurs.

La FIA souhaite également permettre aux équipes clientes de s’affranchir de leurs fournisseurs actuels. L’idée n’est pas d’imposer un moteur unique à toute la grille, mais de favoriser l’arrivée d’un motoriste indépendant, à l’image de Cosworth par le passé, afin d’offrir une alternative aux équipes qui ne souhaitent plus dépendre d’un constructeur concurrent.

Le retour du ravitaillement fait également partie des pistes étudiées. Un V8 atmosphérique consommant davantage de carburant qu’un V6 turbo hybride, les réservoirs devraient normalement être plus volumineux. Autoriser les ravitaillements pendant la course permettrait au contraire de conserver des réservoirs plus compacts et de réduire le poids des monoplaces, un objectif régulièrement mis en avant par Mohammed Ben Sulayem.

Mercedes et Audi restent opposés au V8 atmosphérique

Si le projet séduit une partie des observateurs, il est loin de faire l’unanimité parmi les constructeurs. Mercedes et Audi défendent le maintien d’un turbocompresseur, estimant qu’un moteur atmosphérique ne correspond plus aux exigences d’efficacité énergétique qui guident aujourd’hui le développement automobile.

Renault, au nom d’Alpine, s’est également montré réservé, tandis que McLaren n’a pas fermé la porte à cette évolution. Aston Martin, de son côté, n’a pas encore dévoilé sa position.

La principale inconnue concerne désormais le calendrier. La réglementation actuelle prévoit une entrée en vigueur de cette nouvelle génération de moteurs en 2031, mais la FIA souhaiterait avancer son introduction à 2030. Un tel changement nécessiterait toutefois de convaincre une large majorité des motoristes concernés.

Le débat autour du futur moteur touche finalement à ce qui fait l’essence même de la Formule 1. Un V8 hurlant à 15 000 tours/minute aurait forcément une résonance particulière auprès des supporters nostalgiques des anciennes générations de monoplaces. Mais la discipline devra trouver le difficile équilibre entre émotions du passé et défis du futur.

Author: Elisabeth Maingé, Consultante
Ingénieure de formation et passionnée de Formule 1 depuis son enfance, Élisabeth Maingé évolue au sein d’un grand constructeur automobile, où elle travaille dans le domaine de la recherche et du développement. Elle met son expertise technique au service de F1ACTU en analysant les performances des monoplaces, les choix aérodynamiques et les enjeux liés aux évolutions réglementaires. Son regard d’ingénieure apporte un éclairage précis sur les forces en présence dans le paddock, en reliant les données techniques aux performances en piste.

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