Y a-t-il un début de favoritisme pour Norris chez McLaren ?

McLaren prône l’équité, mais entre Lando Norris et Oscar Piastri, les faits récents racontent une autre histoire. Singapour a fissuré la belle unité affichée.

« Laissez-les se battre ». C’est le mot d’ordre que McLaren martèle depuis le début de la saison. Des “règles papaye” censées garantir l’équité entre ses deux jeunes talents. Mais en comparant les Grands Prix d’Italie et de Singapour, quelque chose cloche. Deux courses, deux situations proches, et deux décisions radicalement opposées du muret. De quoi s’interroger : cette équité vantée par l’équipe est-elle vraiment la même pour Lando Norris et Oscar Piastri ?

Revenons à Monza. Lando Norris, alors devant son coéquipier, subit un arrêt un peu long. Piastri, qui s’arrête juste après, ressort devant lui. Immédiatement, McLaren demande à l’Australien de rendre la position. L’argument avancé, c’est qu’il s’agit de corriger une erreur de l’équipe pour rétablir la hiérarchie en piste. Cette décision, saluée à l’époque, semblait illustrer une gestion juste.

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Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que l’équipe intervenait d’une manière qui semblait figer les positions. À Silverstone, Oscar Piastri, s’estimant victime d’une pénalité injuste qui l’avait fait reculer, avait demandé à McLaren de lui rendre sa position initiale face à Norris, proposant même de les laisser ensuite se battre à armes égales. La réponse du muret fut un “non” catégorique.

Dans les deux cas, à Silverstone comme à Monza, la décision finale de l’équipe, bien que motivée par des raisons différentes, a eu le même résultat : la position de Norris a été protégée. L’image renvoyée était celle d’une équipe aux commandes, appliquant ses propres règles avec rigueur.

Mais à Singapour, le contraste saute aux yeux. Dès le premier tour, Norris plonge à l’intérieur, touche légèrement Piastri, et l’Australien perd une place. En colère, il s’attend à ce que le précédent de Monza s’applique. Cette fois, silence radio. Plus tard, McLaren justifiera son inaction par un contact préalable entre Norris et Verstappen. Une nuance, certes, mais qui, pour Piastri, a tout d’une incohérence.

Le moment le plus étonnant du week-end arrive plus tard, pendant les arrêts aux stands. À la radio, un ingénieur demande à Norris : « Es-tu d’accord pour que Piastri rentre avant toi ? » Réponse du Britannique : un simple « Non. »

Une scène que même des observateurs aguerris, comme Peter Windsor, ont jugée surréaliste. « J’ai assisté à quelque chose d’inédit », a-t-il confié. « Demander à un pilote s’il autorise l’autre à s’arrêter… c’est une manière de dire : “Lando, c’est ton équipe, c’est ton championnat.” Pour moi, c’est la première fois que McLaren affiche un vrai favoritisme. »

Depuis, la confiance semble brisée. En fin de course, quand son ingénieur lui demande son avis sur la stratégie, Piastri répond d’un ton froid : « Faites comme vous voulez. » Une phrase courte, mais révélatrice d’un pilote qui ne se sent plus écouté.

Cette fracture pourrait laisser des traces. Le manager de Piastri, Mark Webber, sait ce que signifie être traité en numéro deux, lui qui a vécu la même situation face à Sebastian Vettel chez Red Bull. Il saura probablement comment guider son pilote. « Ce que Norris a fait, c’est qu’il a réveillé Piastri », estime Windsor, selon News.com.au.

Alors que McLaren célèbre son titre constructeurs, elle doit faire avec une tension interne explosive. La frustration de Piastri est visible, et certaines rumeurs — jugées peu crédibles pour l’instant — l’envoient déjà chez Ferrari en 2027. McLaren peut bien continuer à parler d’équité, mais les faits de Silverstone, Monza et Singapour racontent autre chose. Pour la première fois, on a eu la sensation qu’à Woking, l’équilibre entre les deux pilotes n’était plus qu’une façade.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
Fondateur de F1ACTU.COM, je suis la Formule 1 depuis plus de 35 ans. Cette expérience me permet d’apporter un regard à la fois passionné et analytique sur l’évolution du championnat, de ses enjeux techniques à ses coulisses. F1ACTU propose une couverture quotidienne de l’actualité F1 avec une attention particulière portée aux évolutions techniques, aux décisions réglementaires et aux mouvements du paddock. Chaque publication fait l’objet d’un travail éditorial rigoureux afin de garantir des contenus clairs, contextualisés et fiables. Média indépendant et spécialisé, F1ACTU s’attache à offrir une information réactive, accessible et fidèle à l’exigence qu’attendent les passionnés de Formule 1.

2 thoughts on “Y a-t-il un début de favoritisme pour Norris chez McLaren ?

  1. Je ne suis pas d’accord avec vous.
    Dans le cas de Monza c’est une erreur de l’équipe, alors qu’en GB c’est une erreur de Pia et une pénalité de la part de la FIA, donc sans rapport avec l’équipe.
    Pour la derniere course c’est une histoire entre pilote dans la quelle l’équipe n’a pas de responsabilité, donc l’équipe n’avait pas besoin d’intervenir et l’avait pas a le faire tout court.
    Pour remettre les choses a leur place, l’an passée McLaren a donné la victoire a Pia en Hongrie alors qu’elle aurait pu la laisser a Norris.
    Rajoutons a ca le départ de Monza 2024 ou Pia sort Norris a la 2eme chicane, ce qui est bien pire de se que l’on a vu a la derniere course.

    Pour l’histoire de la demande sur l’arret au stand ca reste la politique du premier pilote en piste est le premier qui a la priorité au stand, maintenant faut voir si une situation similaire se produit dans les memes conditions d’ici la fin de saison pour voir si l’équipe fera ou pas la meme chose pour pouvoir juger de l’équité ou pas entre les pilotes.

    Pour résumé, Silverstone c’est le pilote et non l’équipe qui est en cause, Monza c’est l’équipe qui est en cause, et a Singapour c’est un fait de course entre pilotes ou l’équipe n’est pas en cause.
    Probleme et analyse pourtant simple, qui ne devrait pas donner lieu a discussion a moins que l’on soit meme pas neutre.

  2. Et surtout, surtout, Piastri est victime d’une lenteur au stand en ce dernier grand prix qui lui coute plus clairement plus de temps que l’écart final avec Norris au drapeau à damier…alors pourquoi ne pas avoir demandé à Norris de laisser passer Piastri à son tour avant la fin de la course ? Le favoritisme pour Norris est flagrant, il salit l’air depuis un moment, je me demandais quand on allait enfin commencer à en causer.
    En F1 on aime beaucoup les britanniques et ça se voit invariablement à chaque occasion.
    (Laisser passer un coéquipier suite à une bévue au stand…inédit…sidérant…à en dégouter les plus vieux fans de formule 1).

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