Mercedes méconnaissable en qualifications, Wolff dans le flou

Toto Wolff reconnaît que Mercedes ne comprend pas encore pourquoi sa W17 a perdu autant de performance entre les EL3 et les qualifications à Sepang

Quelques heures après avoir placé ses deux voitures dans le top 4 des EL3, Mercedes a perdu du terrain au moment de jouer la pole à Sepang. Kimi Antonelli a terminé quatrième et George Russell septième après application de la pénalité d’Isack Hadjar. Toto Wolff cherche encore l’explication à cette baisse de performance.

Le samedi avait commencé de manière bien différente pour l’écurie allemande. Kimi Antonelli avait signé le meilleur temps des EL3 en 1’36’’302, avec 0’’278 d’avance sur Max Verstappen. George Russell avait pris la quatrième place à 0’’610 de son équipier.

Les EL3 avaient donc donné le sentiment que Mercedes avait enfin compris comment exploiter sa W17 à Sepang. La qualification a pourtant raconté une autre histoire. Antonelli a terminé à 0’’501 de Verstappen, auteur de la pole en 1’35’’130. Russell a lui accusé 0’’741 de retard sur le pilote Red Bull. Avec la pénalité de cinq places d’Hadjar, Antonelli partira finalement troisième et Russell septième.

Pour Toto Wolff, cette baisse de régime est particulièrement difficile à expliquer. « C’est très difficile à comprendre », a déclaré le patron de Mercedes après les qualifications.

Wolff a identifié plusieurs symptômes qui n’avaient pas été observés à ce niveau par Mercedes cette saison. La W17 semblait d’abord trop pénalisée par sa traînée. Mercedes perdait du temps dans les longues lignes droites de Sepang, notamment face à Verstappen. Le problème ne s’arrêtait pas là : dans les virages lents, la voiture manquait également de maniabilité.

Le virage 2 concentrait notamment les difficultés de la Mercedes, avec un sous-virage trop important qui empêchait les pilotes de placer correctement la voiture. « C’est la première fois que nous perdons autant de temps dans les lignes droites, surtout face à Max », a expliqué Wolff. « Dans les virages lents, au virage 2, nous ne parvenons pas à faire tourner la voiture, il y a simplement trop de sous-virage. »

Le constat du patron de Mercedes est d’autant plus étonnant que la voiture avait semblé nettement plus compétitive quelques heures auparavant. « Ce sont des choses que nous n’avons pas vues de toute la saison. Il se passe autre chose », a ajouté Wolff.

Mercedes n’a pour autant pas remis en cause son nouveau package. Wolff assure que l’équipe pense toujours que les évolutions apportées à Sepang fonctionnent. Le travail consiste désormais à comprendre pourquoi leur potentiel ne s’est pas traduit par le rythme attendu en qualifications.

Le gros package Mercedes encore difficile à évaluer

Mercedes a introduit à Sepang une importante série de modifications sur sa W17, avec notamment un nouveau plancher, des changements autour des pontons et plusieurs évolutions à l’arrière de la voiture. L’objectif est d’améliorer le contrôle des flux aérodynamiques et d’augmenter l’appui disponible.

Les premiers signes avaient été encourageants en EL3. Mais Sepang impose des contraintes très différentes de celles rencontrées sur les autres circuits de la saison, avec une piste très chaude et abrasive qui sollicite fortement les pneus.

George Russell avait d’ailleurs signalé avant les qualifications que la dégradation et la surchauffe compliquaient l’exploitation du nouveau package. Le Britannique expliquait ressentir davantage d’appui dans certains secteurs, tout en estimant que Mercedes ne parvenait pas encore à placer la voiture dans sa meilleure fenêtre de fonctionnement.

Cela pourrait expliquer une partie des difficultés rencontrées en qualifications, mais Mercedes n’a pas encore identifié la cause de la différence entre les EL3 et la séance décisive.

L’équipe va maintenant devoir exploiter les données recueillies samedi pour comprendre la course. Quelle W17 Mercedes retrouvera-t-elle dimanche : celle qui dominait les EL3 ou celle qui a perdu du terrain face à Verstappen en qualifications ? .

Author: Elisabeth Maingé, Consultante
Ingénieure de formation et passionnée de Formule 1 depuis son enfance, Élisabeth Maingé évolue au sein d’un grand constructeur automobile, où elle travaille dans le domaine de la recherche et du développement. Elle met son expertise technique au service de F1ACTU en analysant les performances des monoplaces, les choix aérodynamiques et les enjeux liés aux évolutions réglementaires. Son regard d’ingénieure apporte un éclairage précis sur les forces en présence dans le paddock, en reliant les données techniques aux performances en piste.

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