Grand Prix de Monaco : Pierre Gasly rétrogradé à la septième place, Isack Hadjar récupère finalement son podium après l’appel de la FIA
Le feuilleton interminable du Grand Prix de Monaco 2026 a enfin livré son verdict. La Cour d’Appel Internationale (ICA) de la FIA a annulé la décision des commissaires de course, redonnant à Pierre Gasly ses pénalités pour excès de vitesse dans les stands. Le Français chute à la septième place, offrant le podium à son compatriote Isack Hadjar.
C’est une décision qui va faire grincer des dents du côté d’Enstone. Plus de trois mois après l’arrivée du Grand Prix de Monaco, le classement officiel vient d’être de nouveau bouleversé. Pierre Gasly, qui avait brillamment récupéré sa troisième place en juin dernier après une révision de la FIA, s’est vu retirer ce podium ce vendredi par la Cour d’Appel Internationale.
Cet imbroglio prend racine lors de l’épreuve monégasque, où une pluie de pénalités s’abat sur plusieurs pilotes (dont Gasly, Oscar Piastri ou encore George Russell) pour des excès de vitesse dans la voie des stands.
Il a été révélé par la suite qu’il existait un écart de 77 centimètres entre la distance officielle mesurée par la F1 entre deux boucles de chronométrage et la trajectoire réelle la plus courte qu’un pilote pouvait emprunter. En prenant cette trajectoire ultra-courte, le temps passé entre les deux balises était réduit, ce que le système informatique traduisait automatiquement par une vitesse excessive.
Fort de ce constat, Alpine avait fait appel en juin et obtenu gain de cause, prouvant que Gasly n’avait techniquement pas dépassé la limite des 60 km/h. Ses pénalités de cinq secondes (ajoutées à son temps de course) avaient été effacées, le propulsant de la septième à la troisième place.
Mais cette réhabilitation a fait des victimes collatérales, notamment chez ceux qui avaient purgé leur pénalité pendant la course, à l’image d’Oscar Piastri, ou ceux qui ont perdu de gros points, comme George Russell. McLaren et Red Bull Racing, dont les intérêts sportifs étaient directement lésés, ont donc porté l’affaire devant la Cour d’Appel de la FIA, soutenus par Racing Bulls et Motorsport UK.
Dans son verdict rendu public ce vendredi, la Cour s’est montrée intraitable sur un principe fondamental : l’équité sportive.
Les juges ont estimé que les paramètres de mesure, même imparfaits, avaient été établis, mesurés au ruban et utilisés par toutes les équipes depuis les essais libres. Selon la FIA, changer ces critères de calibrage de manière rétroactive pour corriger le résultat d’un seul concurrent est inacceptable. « Le régime d’application n’est viable que si la référence sur laquelle tous les concurrents se calibrent est commune, stable et appliquée de manière égale », a souligné l’instance.
Conséquence directe de cette décision ferme et définitive : les temps de pénalité sont de nouveau ajoutés au chrono de Pierre Gasly. La redistribution des points fait les affaires du giron Red Bull et de McLaren.
Le Top 7 révisé du Grand Prix de Monaco 2026 :
- …
- 3. Isack Hadjar (Red Bull)
- 4. Oscar Piastri (McLaren)
- 5. Liam Lawson (Racing Bulls)
- 6. Arvid Lindblad (Racing Bulls)
- 7. Pierre Gasly (Alpine)
À noter que George Russell, pénalisé par un drive-through pour avoir mal purgé sa propre sanction dans les stands, reste hors des points, la décision de l’ICA ne compensant pas les pénalités effectuées en piste.
Dans le clan tricolore, la pilule est difficile à avaler. Par le biais d’un communiqué officiel, l’écurie Alpine a fait part de sa « déception et frustration ». L’équipe maintient avec ferveur que sa monoplace n°10 n’a jamais enfreint la limitation de vitesse. Néanmoins, l’écurie affirme vouloir tourner la page et rester « fermement concentrée sur l’amélioration de ses performances en piste » pour la fin de cette saison très disputée.
Du côté de la FIA, on joue l’apaisement tout en reconnaissant des failles. L’instance dirigeante a pris la défense de ses commissaires de course, rappelant que ces derniers travaillent dans l’urgence d’un week-end de Grand Prix, contrairement à une Cour d’Appel disposant de mois de préparation et d’expertises juridiques.
Toutefois, la fédération a promis de revoir en profondeur « la méthodologie et le fonctionnement du système de chronométrage actuel de la Formule 1 », afin d’éviter qu’un tel chaos réglementaire ne vienne à nouveau ternir l’image de la catégorie reine.

