Le règlement moteur 2027 pourrait déjà vaciller alors qu’une réunion cruciale se prépare entre les motoristes pendant le Grand Prix du Canada.

La Formule 1 pensait avoir trouvé une sortie de crise. Après les critiques apparues dès les premières courses de la saison 2026, la FIA avait ouvert la porte à un rééquilibrage des futurs moteurs pour 2027, avec une part plus importante rendue au moteur thermique. Mais le dossier pourrait se compliquer sérieusement à Montréal.
Selon les informations de RacingNews365, une réunion importante doit se tenir pendant le week-end du Grand Prix du Canada entre les différents motoristes engagés en F1.. L’ordre du jour est de trouver un compromis technique censé rendre les monoplaces plus naturelles à piloter, moins dépendantes de la gestion électrique, et surtout plus cohérentes avec ce que les pilotes réclament depuis plusieurs semaines. L’idée semblait pourtant avancer dans la bonne direction.
La nouvelle génération de groupes propulseurs repose sur une répartition très ambitieuse entre puissance thermique et puissance électrique. En théorie, cette approche devait incarner l’avenir de la discipline. En piste, les premières courses ont surtout révélé plusieurs limites.
Les pilotes ont rapidement dénoncé une gestion d’énergie trop envahissante, avec des phases où il faut lever le pied ou adapter son pilotage pour économiser ou récupérer de l’électricité. Max Verstappen, notamment, a été l’un des critiques les plus virulents de cette direction technique.
Face à cette pression, la FIA a proposé de faire évoluer le partage de puissance vers une logique plus favorable au moteur thermique, autour d’un ratio 60/40. Une manière de corriger les excès du règlement initial sans tout jeter à la poubelle.
Le problème, désormais, n’est plus vraiment de savoir si la F1 doit changer. La plupart des motoristes semblent reconnaître qu’un ajustement est nécessaire. La vraie bataille concerne le calendrier.
Les motoristes ne sont pas alignés
Certains constructeurs veulent appliquer ce changement dès 2027 afin de corriger rapidement les défauts observés cette saison. D’autres préfèrent attendre 2028, estimant qu’une modification aussi lourde à court terme imposerait de revoir des choix techniques déjà figés, avec des coûts importants à la clé.
Audi ferait partie des motoristes les plus préoccupés par une application rapide. Le constructeur allemand a lourdement investi autour du règlement initial et pourrait difficilement accepter de repartir dans une nouvelle phase de développement aussi tôt.
Ferrari aurait également des réserves, même si ses préoccupations ne seraient pas exactement les mêmes. Maranello sait qu’un changement de philosophie moteur peut rapidement avoir des conséquences en chaîne sur l’architecture de la voiture, le refroidissement, l’intégration et la performance globale.
À l’inverse, Mercedes HPP serait favorable à l’évolution proposée, malgré un moteur déjà considéré comme l’une des références de cette nouvelle réglementation. Honda, en difficulté avec Aston Martin, serait de son côté prêt à suivre la direction retenue par la FIA.
Le Grand Prix du Canada pourrait donc devenir un moment important pour l’avenir technique de la F1. Si les constructeurs ne parviennent pas à s’entendre, le changement annoncé pour 2027 pourrait être repoussé, vidé de sa substance, ou même s’enliser dans une nouvelle bataille politique.
La Formule 1 a identifié le problème. Elle doit maintenant prouver qu’elle est capable de le corriger sans ouvrir une nouvelle guerre entre ses motoristes.





















