C’est officiel pour Ben Sulayem : le V8 fera son retour en F1 en 2030

🔄 Mis à jour le 13/10/2026 à 21:19

Mohammed Ben Sulayem veut faire revenir les moteurs V8 en Formule 1 dès 2030, un an avant la fin du cycle réglementaire actuel. À Kigali, le président de la FIA a assuré bénéficier du soutien de Formula One Management et des motoristes. Mais l’échéance anticipée doit encore être distinguée d’une décision réglementaire définitivement adoptée.

C’est lors du lancement du futur Grand Prix d’Afrique, au Rwanda, que Mohammed Ben Sulayem a réaffirmé sa volonté de ramener les V8 en Formule 1. Le président de la FIA a cette fois présenté 2030 comme l’échéance visée pour l’introduction du nouveau moteur.

« La beauté de 2030, c’est que nous travaillons ensemble et que le lancement du nouveau V8 aura lieu en 2030 », a-t-il déclaré. Il a également précisé que le Rwanda utiliserait ce moteur lors de son premier Grand Prix, dont l’organisation est prévue au début des années 2030.

Le discours est plus affirmatif que lors de ses précédentes interventions. En mai, à Miami, Ben Sulayem expliquait vouloir avancer d’un an le retour des V8, alors que 2031 constituait déjà l’horizon envisagé. Il affirme désormais avoir obtenu le soutien de Formula One Management et des constructeurs.

Cette annonce ne signifie toutefois pas que le nouveau règlement est déjà finalisé. Pour avancer à 2030, le projet doit obtenir l’accord requis des motoristes. Selon les explications données précédemment par Ben Sulayem, une majorité de quatre constructeurs sur six serait nécessaire. À défaut, la FIA estime pouvoir imposer le changement en 2031, à la fin du cycle réglementaire actuel.

Le président de la Fédération affiche donc sa confiance, mais l’échéance de 2030 reste à confirmer par les étapes réglementaires nécessaires. En septembre 2025, Reuters rapportait encore l’absence de consensus pour introduire les nouveaux moteurs avant 2031.

Des voitures plus légères et des coûts de développement réduits

La volonté de simplifier les groupes propulseurs s’est renforcée depuis l’arrivée des nouvelles unités de puissance en 2026. Leur forte dépendance à l’énergie électrique et la gestion de la batterie ont suscité des critiques de la part de pilotes et de fans. Le superclipping, qui réduit la vitesse lorsque l’énergie électrique disponible vient à manquer, a notamment alimenté les débats sur la qualité des courses.

Le son constitue un autre sujet récurrent depuis l’arrivée des V6 turbo-hybrides en 2014. Le retour d’un moteur V8 doit, selon Ben Sulayem, répondre à plusieurs attentes : alléger les monoplaces, réduire les dépenses de développement et retrouver une sonorité plus appréciée du public.

Le président de la FIA avance une réduction de poids d’environ 80 kg. Il estime également que les coûts liés à la recherche et au développement du moteur pourraient diminuer d’au moins 50 %. Il a lui-même reconnu qu’il n’aurait peut-être pas dû communiquer immédiatement le chiffre concernant le poids.

« C’est le son, pas le bruit », a-t-il résumé en évoquant l’expérience des fans. La FIA souhaite ainsi associer simplification mécanique et retour à une identité sonore plus marquée, sans avoir encore détaillé l’ensemble des caractéristiques du futur moteur.

Quelle place pour l’hybridation et les carburants durables ?

Le retour du V8 ne signifie pas nécessairement un abandon total de l’électrification. Dans ses déclarations précédentes, Ben Sulayem évoquait une hybridation « très, très limitée » et l’utilisation de carburants durables. Il a également défendu des moteurs plus simples et des composants davantage standardisés.

La part exacte de l’énergie électrique, la puissance visée et les spécifications techniques n’ont pas été précisées lors de l’annonce au Rwanda. Ces paramètres seront déterminants pour savoir à quel point le futur groupe propulseur se distinguera de la formule actuelle.

La position de Mercedes montre que les discussions ne se limitent pas à un choix entre V8 et V6 hybrides. En mai, Toto Wolff avait déclaré que son équipe était ouverte à de nouvelles règles et qu’elle gardait de bons souvenirs des V8. Il avait néanmoins mis en garde contre un retour à une motorisation entièrement thermique, estimant que la F1 risquerait alors de paraître déconnectée de son époque.

Wolff a notamment évoqué la possibilité d’associer un moteur thermique puissant à une contribution électrique significative. Cette vision ne correspond pas nécessairement à celle de Ben Sulayem, qui défend une électrification beaucoup plus réduite.

Le soutien exprimé par Mercedes ne suffit donc pas à établir que tous les constructeurs ont approuvé le même projet pour 2030. Les discussions doivent encore permettre de trouver une architecture acceptable pour les différents motoristes.

Mohammed Ben Sulayem affirme avoir le soutien nécessaire pour avancer d’un an le retour des V8. Les déclarations de Toto Wolff montrent que Mercedes est disposée à discuter de nouvelles règles, mais les positions publiques des constructeurs ne constituent pas, à elles seules, une validation collective du futur groupe propulseur.

La prochaine étape consiste à préciser les caractéristiques du moteur et à faire avancer le processus réglementaire. Si l’accord requis est obtenu, la FIA pourra viser une introduction dès 2030. Dans le cas contraire, Ben Sulayem a déjà présenté 2031 comme l’échéance à laquelle la Fédération pourrait agir sans obtenir le même vote des motoristes.

Author: Elisabeth Maingé, Consultante
Ingénieure de formation et passionnée de Formule 1 depuis son enfance, Élisabeth Maingé évolue au sein d’un grand constructeur automobile, où elle travaille dans le domaine de la recherche et du développement. Elle met son expertise technique au service de F1ACTU en analysant les performances des monoplaces, les choix aérodynamiques et les enjeux liés aux évolutions réglementaires. Son regard d’ingénieure apporte un éclairage précis sur les forces en présence dans le paddock, en reliant les données techniques aux performances en piste.

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