Alonso renoue avec les comparaisons qui fâchent : les F1 face aux F2

Fernando Alonso ravive le souvenir du « GP2 engine » avec une nouvelle alerte : les monoplaces de 2026 ont un problème de puissance à Spa.

Onze ans après son légendaire « GP2 engine ! » lancé à la radio de sa McLaren-Honda lors du Grand Prix du Japon 2015, Fernando Alonso a ressorti une comparaison qui ne manquera pas d’alimenter le débat autour de la réglementation 2026. À l’approche du Grand Prix de Belgique, le double champion du monde estime qu’une Formule 1 privée de son apport électrique dispose, par moments, de moins de puissance qu’une Formule 2.

La nouvelle réglementation moteur, entrée en vigueur cette saison, continue de diviser le paddock. En imposant une répartition proche de 50/50 entre le moteur thermique (ICE) et la partie électrique, la FIA a fait de la gestion de l’énergie un élément déterminant de la performance. Un défi qui devrait atteindre son paroxysme ce week-end sur le tracé de Spa-Francorchamps.

Avec ses sept kilomètres, ses longues phases d’accélération et ses rares gros freinages, Spa-Francorchamps fait partie des circuits les plus exigeants du calendrier en matière de gestion de l’énergie. Les ingénieurs le classent parmi les tracés les plus « énergivores », où il est particulièrement difficile de recharger suffisamment la batterie tout en maintenant un niveau de performance élevé.

Fernando Alonso explique que la stratégie la plus efficace consistera à utiliser une grande partie de l’énergie électrique entre La Source et Les Combes afin de maximiser la vitesse dans la montée de l’Eau Rouge et sur la ligne droite de Kemmel. Les pilotes devront ensuite pratiquement se passer de toute assistance électrique pendant l’intégralité du deuxième secteur, avant de conserver suffisamment d’énergie pour la longue accélération reliant Stavelot à la chicane de l’arrêt du Bus.

« Si vous déployez votre énergie à Spa du virage 1 au virage 5, c’est finito pour le reste du tour », a résumé le pilote Aston Martin. « Il y aura un secteur 2 d’une minute entière sans le moindre déploiement électrique. »

C’est précisément dans cette situation qu’Alonso a livré une comparaison qui rappelle son célèbre coup de colère de 2015. La Formule 2 utilise toujours un moteur V6 turbo Mecachrome de 3,4 litres, sans hybridation. À l’inverse, les F1 de 2026 tirent près de la moitié de leur puissance de leur système électrique. Lorsque celui-ci cesse de délivrer de l’énergie, la puissance disponible chute brutalement.

« Sans aucun déploiement électrique, nous ne devons pas oublier que nous avons nettement moins de puissance que l’année dernière, et moins de puissance qu’une F2. C’est exactement ce qui se passe dès que vous coupez la batterie. C’est un sacré défi. »

Cette comparaison ne signifie évidemment pas qu’une Formule 2 devient plus rapide qu’une Formule 1. Grâce à son aérodynamique, à son châssis et à ses pneumatiques, une F1 conserve une avance considérable sur l’ensemble d’un tour. En revanche, lors des phases où toute l’énergie électrique est épuisée, la puissance instantanément disponible au moteur devient effectivement inférieure à celle d’une F2.

Lewis Hamilton avait reconnu avant Silverstone qu’il redoutait particulièrement les effets du « clipping » sur un circuit aussi gourmand en énergie. Après la course, le septuple champion du monde s’était toutefois montré plus rassurant, estimant que le phénomène s’était révélé moins pénalisant qu’attendu.

Spa-Francorchamps représente néanmoins un défi différent. Ses longues lignes droites, combinées à un deuxième secteur où les possibilités de récupération d’énergie restent limitées, pourraient pousser les équipes à des compromis encore plus importants dans leur stratégie de déploiement.

Les critiques formulées par les pilotes n’ont d’ailleurs pas laissé la FIA insensible. La réglementation moteur prévue pour 2027 doit déjà rééquilibrer la répartition des puissances en redonnant davantage d’importance au moteur thermique. En attendant, les pilotes devront composer avec une réalité inédite : sur certains circuits, la gestion de la batterie sera presque aussi déterminante que la vitesse pure.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
Fondateur de F1ACTU.COM, je suis la Formule 1 depuis plus de 35 ans. Cette expérience me permet d’apporter un regard à la fois passionné et analytique sur l’évolution du championnat, de ses enjeux techniques à ses coulisses. F1ACTU propose une couverture quotidienne de l’actualité F1 avec une attention particulière portée aux évolutions techniques, aux décisions réglementaires et aux mouvements du paddock. Chaque publication fait l’objet d’un travail éditorial rigoureux afin de garantir des contenus clairs, contextualisés et fiables. Média indépendant et spécialisé, F1ACTU s’attache à offrir une information réactive, accessible et fidèle à l’exigence qu’attendent les passionnés de Formule 1.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *